• Carnaval à l'école

    Arlequin bariolé

    De losanges, de carrés,

    De triangles rouges

    Qui sans cesse bougent.

     

    Habillé tout en blanc

    Pierrot rêve nez au vent :

    Il pense à sa belle

    Assis auprès d'elle.

     

    Fée, pirate et mariée

    Ce jour se sont rencontrés ;

    Sourit la princesse

    En ses longues tresses.

     

    Petits pieds dégourdis,

    La musique les convie

    À entrer en danse

    Pour qu'ils se fiancent.

    Gina Chénouard


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  • Au temps du carnaval, l'homme se met sur son masque un visage de carton.

    Xavier Forneret


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  • Variations sur le Carnaval de Venise III - Carnaval

    Venise pour le bal s'habille.

    De paillettes tout étoilé,

    Scintille, fourmille et babille

    Le carnaval bariolé.

     

    Arlequin, nègre par son masque,

    Serpent par ses mille couleurs,

    Rosse d'une note fantasque

    Cassandre son souffre-douleurs.

     

    Battant de l'aile avec sa manche

    Comme un pingouin sur un écueil,

    Le blanc Pierrot, par une blanche,

    Passe la tête et cligne l’œil.

     

    Le Docteur bolonais rabâche

    Avec la basse aux sons traînés ;

    Polichinelle, qui se fâche,

    Se trouve une croche pour nez.

     

    Heurtant Trivelin qui se mouche

    Avec un trille extravagant,

    À Colombine Scaramouche

    Rend son éventail ou son gant.

     

    Sur une cadence se glisse

    Un domino ne laissant voir

    Qu'un malin regard en coulisse

    Aux paupières de satin noir.

     

    Ah ! fine barbe de dentelle,

    Que fait voler un souffle pur,

    Cet arpège m'a dit : C'est elle !

    Malgré tes réseaux, j'en suis sûr,

     

    Et j'ai reconnu, rose et fraîche,

    Sous l'affreux profil de carton,

    Sa lèvre au fin duvet de pêche,

    Et la mouche de son menton.

    Théophile Gautier


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  • Variations sur le Carnaval de Venise II - Sur les lagunes

    Tra la, tra la, la, la, la laire !

    Qui ne connaît pas ce motif ?

    A nos mamans il a su plaire,

    Tendre et gai, moqueur et plaintif :

     

    L'air du Carnaval de Venise,

    Sur les canaux jadis chanté

    Et qu'un soupir de folle brise

    Dans le ballet a transporté !

     

    Il me semble, quand on le joue,

    Voir glisser dans son bleu sillon

    Une gondole avec sa proue

    Faite en manche de violon.

     

    Sur une gamme chromatique,

    Le sein de perles ruisselant,

    La Vénus de l'Adriatique

    Sort de l'eau son corps rose et blanc.

     

    Les dômes sur l'azur des ondes,

    Suivant la phrase au pur contour,

    S'enflent comme des gorges rondes

    Que soulève un soupir d'amour.

     

    L'esquif aborde et me dépose,

    Jetant son amarre au pilier,

    Devant une façade rose,

    Sur le marbre d'un escalier.

     

    Avec ses palais, ses gondoles,

    Ses mascarades sur la mer,

    Ses doux chagrins, ses gaietés folles,

    Tout Venise vit de cet air.

     

    Une frêle corde qui vibre

    Refait sur un pizzicato,

    Comme autrefois joyeuse et libre,

    La ville de Canaletto !

    Théophile Gautier


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  • Variations sur le Carnaval de Venise I - Dans la rue

    Il est un vieil air populaire

    Par tous les violons raclé,

    Aux abois des chiens en colère

    Par tous les orgues nasillé.

     

    Les tabatières à musique

    L'ont sur leur répertoire inscrit ;

    Pour les serins il est classique,

    Et ma grand-mère, enfant, l'apprit.

     

    Sur cet air, pistons, clarinettes,

    Dans les bals aux poudreux berceaux,

    Font sauter commis et grisettes,

    Et de leurs nids fuir les oiseaux.

     

    La guinguette, sous sa tonnelle

    De houblon et de chèvrefeuille,

    Fête, en braillant la ritournelle,

    Le gai dimanche et l’Argenteuil.

     

    L'aveugle au basson qui pleurniche

    L'écorche en se trompant de doigts ;

    La sébile aux dents, son caniche

    Près de lui le grogne à mi-voix.

     

    Et les petites guitaristes,

    Maigres sous leurs minces tartans,

    Le glapissent de leurs voix tristes

    Aux tables des cafés chantants.

     

    Paganini, le fantastique,

    Un soir, comme avec un crochet,

    A ramassé le thème antique

    Du bout de son divin archet,

     

    Et, brodant la gaze fanée

    Que l'oripeau rougit encor,

    Fait sur la phase dédaignée

    Courir ses arabesques d'or.

    Théophile Gautier


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