• L'automne

    On ne s'accorde pas encore sur le nom du peintre,

    Mais son talent fait l'unanimité.

    Et à chaque année, en septembre,

    Il sort sa palette et nous éblouit

    De ses rouges, de ses oranges,

    De ses jaunes et de ses verts.

    Julie Brouard


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  • Le melon a été divisé en tranches par la nature, afin d'être mangé en famille.

    La citrouille étant plus grosse, peut-être mangée avec les voisins.

    Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre


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  • Un air d'octobre

    Un air comme une traîne immense

    Un air qui ne finit jamais

    Un air d'octobre une romance

    Plus douce que le mois de mai

    Un air qui toujours recommence

     

    Tes yeux ont le mal d'horizon

    Fou qui trouve assez bleu l'azur

    A qui le ciel n'est pas prison

    Il faut aimer à démesure

    Ce n'est pas assez que raison

     

    Bel automne aux mains de velours

    C'est la chanson jamais chantée

    C'est la chanson de notre amour

    C'est la chanson des roses-thé

    Dont le coeur est couleur du jour

     

    Est-il assez profond sanglot

    Pour dire les déserts physiques

    Pareils aux ronds qu'on fait dans l'eau

    Les mots valent-il la musique

    Du long désir au coeur enclos

     

    Un air Elsa de la démence

    Un air qui ne finit jamais

    Un air d'octobre une romance

    Plus doux que n'est le mois de mai

    Un air comme une traîne immense.

    Louis Aragon


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  • Le lapin de septembre

    En septembre,

    Tous les ans,

    Un petit lapin frappe à la porte de ma chambre.

    - C'est l'ouverture de la chasse !

    - Et tu crains que l'on te fricasse !

    - Puis-je entrer dans ton potager.

    - Oui, mais sans rien déranger !

     

    Mais à chaque fin de saison,

    C'est toujours la même chanson

    Il a mangé mes salades,

    Mes carottes, mon oseille...

    J'en suis malade.

    Je lui tire les oreilles

    Il me regarde transi

    De peur

    Et me dit :

    - "Aurais-tu le coeur

    D'acheter un fusil ? "

    Michel Luneau


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  • Les hirondelles

    Le long des fils télégraphiques

    les hirondelles en habit

    tiennent leur conciliabule d'automne.

    Les froids sont venus, et le vent

    maintenant tous les jours souffle du nord.

    "Sacré pays, disent-elles, les petites hirondelles

    serrées et pelotonnées sur leur fil,

    il va falloir émigrer encore !

    Adieu, chère vallée où les moustiques étaient si bons !

    Quels bons repas de moucherons nous avons faits !

    Quel bel été nous avons eu ! Comme nous avons bien ri !

    bien crié, bien volé et virevolté dans ce ciel !

    Comme elle était douce sa lumière, comme il était léger

    l'air de Seine-et-Oise !

    À présent, c'est fini, il nous faut partir ;

    nous attraperions des rhumatismes dans ces brumes,

    et pour vivre il nous faudrait voler si bas, au ras du sol comme les hommes !

    Adieu, chers hôtes du hangar et de la grange,

    adieu, cochons inoffensifs, et toi brave chien qui sait que nous ne sommes pas comestibles ;

    adieu, vilain chat qui aurait tant voulu avoir des ailes

    pour nous courir après dans l'azur et piller nos nids.

    Adieu, le fermier et le fermière !

    Ne démolissez pas nos nids de boue et de brindilles bien tressées.

    Au revoir, pauvres amis ! nous penserons à vous en Égypte,

    et nous reviendrons l'année prochaine.

    N'ayez pas trop froid dans ce sale hiver."

    Émile Henriot


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