• L'automne

    Quel charme est répandu sur le monde paisible !

    C'est ici le moment de la réflexion ;

    C'est dans cette aimable saison

    Que la mélancolie inspire un coeur sensible.

    J'irai dans l'ombre des fôrets,

    Dans les bocages toujours frais

    Qui nourrissent ma rêverie,

    Dans les rochers retentissants,

    Dont les échos frappent mes sens

    D'une touchante mélodie :

    Heureux, si j'entends quelquefois

    Une fontaine gémissante,

    Ou la feuille sèche et bruyante

    Que le vent détache des bois,

    Ou le chant languissant d'un oiseau solitaire

    Qui ranime, pour me distraire,

    Le souffle expirant de sa voix ;

    Tandis que les pinsons, les linots, les fauvettes

    Qui, pendant les beaux jours, ont si bien gazouillé,

    Habitants désolés de ces voûtes muettes,

    Se penchent en tremblant sur l'arbre dépouillé !

    Le chevreuil n'est plus sous l'ombrage :

    Le fond de ces berceaux commence à s'éclaircir ;

    Le voyageur s'arrête, en jetant un soupir,

    Dans les bois jonchés de feuillage.

    Adieu nature ! adieu plaisir !

    L'oiseau, conduit par le zéphir,

    Dans des climats plus doux va porter son ramage.

    Déjà les humides brouillards

    Viennent annoncer la froidure ;

    Et le soleil, sur la verdure,

    Va lancer ses derniers regards.

    Nicolas Léonard


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  • Soir d'automne

    Il est doux, ô mes yeux, lorsque le vent d'automne

    Cesse de s'acharner à l'arbre dont frissonne

    Le spectre dépouillé qui craque et tremble encor,

    De voir, dans l'air muet, où son vol se balance,

    Tomber en tournoyant à travers le silence,

    Une dernière feuille d'or.

     

    Quand au jour éclatant qui se voile succède

    Le crépuscule lent, humide, mol et tiède,

    Qui fait perler la mousse au dos des bancs velus,

    Il est doux, au jardin mystérieux, d'entendre

    Résonner dans le soir le rire obscur et tendre

    Des visages qu'on ne voit plus.

    Henri de Régnier


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  • Vent d'automne

    Ah ! ce grand vent, l'entends-tu pas ?

    L'entends-tu pas heurter la porte ?

    A plein cabas il nous apporte

    Les marrons fous, les feuilles mortes.

    Ah ! ce grand vent, l'entends-tu pas ?

    Ah ! ce grand vent, l'entends-tu pas ?

    L'entends-tu pas à la fenêtre ?

    Par la moindre fente il pénètre

    Et s'enfle et crache comme un chat.

    Ah ! ce grand vent, l'entends-tu pas ?

    - J'entends les cris des laboureurs,

    La terre se fend, se soulève.

    Je vois déjà le grain qui meurt,

    Je vois déjà le blé qui lève.

    Voici le temps des laboureurs.

    Pierre Menanteau


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  • Feuille rousse, feuille folle

    Feuille rousse, feuille folle

    Tourne, tourne, tourne et vole !

    Tu voltiges au vent léger

    Comme un oiseau apeuré.

    Feuille rousse, feuille folle !

    Sur le chemin de l'école,

    J'ai rempli tout mon panier

    Des jolies feuilles du sentier.

    Feuille rousse, feuille folle !

    Dans le vent qui vole, vole,

    J'ai cueilli pour mon cahier la feuille qui dansait.

    Luce Fillo


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  • L'automne

    On ne s'accorde pas encore sur le nom du peintre,

    Mais son talent fait l'unanimité.

    Et à chaque année, en septembre,

    Il sort sa palette et nous éblouit

    De ses rouges, de ses oranges,

    De ses jaunes et de ses verts.

    Julie Brouard


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