• La mort du soleil

    Le vent d'automne, aux bruits lointains des mers pareil,

    Plein d'adieux solennels, de plaintes inconnues,

    Balance tristement le long des avenues

    Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil !

     

    La feuille en tourbillons s'envole par les nues ;

    Et l'on voit osciller, dans un fleuve vermeil,

    Aux approches du soir inclinés au sommeil,

    De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues.

     

    Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour !

    Ta gloire en nappes d'or coule de ta blessure,

    Comme d'un sein puissant tombe un suprême amour.

     

    Meurs donc, tu renaîtras ! L'espérance en est sûre.

    Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix

    Au coeur qui s'est brisé pour la dernière fois ?

    Leconte de Lisle


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  • Par la couleur du ciel, et les plaintes du vent, ô volupté de vivre, ô charme alanguissant !

    Par mon désir de rêve et mon coeur qui frissonne, j'ai senti de là-bas venir vers nous l'automne.

    Albert Lozeau


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  • L'automne

    On voit tout le temps en automne

    Quelque chose qui vous étonne,

    C'est une branche tout à coup,

    Qui s'effeuille dans votre cou :

    C'est un petit arbre tout rouge,

     

    Un, d'une autre couleur encor,

    Et puis partout, ces feuilles d'or,

    Qui tombent sans que rien ne bouge.

     

    Nous aimons bien cette saison,

    Mais la nuit si tôt va descendre !

    Retournons vite à la maison

    Rôtir nos marrons dans la cendre.

    Lucie Delarue Mardrus


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  • Les trois noisettes

    Trois noisettes dans les bois

    Tout au bout d'une brindille

    Dansaient la capucine vivement au vent

    En virant ainsi les filles

    De roi.

     

    Un escargot vint à passer :

    "Mon beau monsieur, emmenez-moi

    Dans votre carosse,

    Je serai votre fiancée"

    Disaient-elles toutes trois.

     

    Mais le vieux sire sourd et fatigué,

    Le sire aux quatre cornes sous les feuilles

    Ne s'est point arrêté,

    Et, c'est l'ogre de la forêt, je crois,

    C'est le jeune ogre rouge, gourmand et fûté,

    Monseigneur l'écureuil,

    Qui les a croquées.

    Tristan Klingsor


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  • Vent d'automne colore les feuilles,

    Est-ce lui qui a posé sur ma tête le premier cheveu blanc.

    Natsume Soseki


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