• Automne

    Comme un monde qui meurt écrasé sous son Or,

    La Forêt automnale en son faste agonise

    Et ses feuilles, comme les pièces d'un trésor,

    S'amoncellent sous le râteau fou de la bise.

     

    Parmi la langueur des sous-bois, on sent flotter

    La même odeur de lente mort et de luxure

    Qui vous accable au coeur des trop riches cités :

    Tout l'Or de la Forêt s'exale en pourriture !

     

    Mais nous savons que de l'amas de ce fumier

    Doit fleurir, en l'élan de la sève prochaine,

    La gaieté des coucous, la grâce des aubiers,

    La douceur de la mousse et la beauté des chênes.

     

    Notre Société ressemble à la Forêt,

    Nous sommes en Novembre, et l'Automne est en elle.

    O fumier d'aujourd'hui ! plus ton lit est épais

    Plus l'Avril sera vert dans la Forêt nouvelle !

    Gaston Couté


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  • L'automne est le printemps de l'hiver.
    Henri de Toulouse Lautrec


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  • La pomme

    Bel automne

    À moi tes pommes,

    Qui sont rougeaudes comme joues de jeune vierge !

    J'y veux mordre à pleines dents ;

    J'y veux boire à pleines lèvres :

    Bel automne,

    À moi tes pommes

    Pour le pressoir qui les attend !

    J'en veux faire éclater la fine chair

    Entre les mâchoires de fer ;

    J'en veux tirer la liqueur blonde ;

    À grand effort de vis et de levier,

    J'en veux faire jaillir une source de songe !

    Pour défier

    L'ennui de l'hiver et des mois sombres,

    Rien ne vaut une cave pleine et froment au grenier.

     

    Bel automne

    À moi tes pommes !

    Aux glèbes fraîches,

    Mon blé germe :

    Qu'importe le passé ? J'ai semé l'avenir.

    Les feuilles sèches,

    Au gré du vent peuvent courir

    Dans la brume des soirs ternes ;

     

    Si j'ai du cidre

    En mon cellier,

    Il m'est permis d'oublier

    L'angoisse même de vivre,

    L'angoisse de marcher ployé,

    Et d'être si peu, si peu libre !

    Philéas Lebesgue


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  • Ô narcisses et chrysanthèmes

    Ô narcisses et chrysanthèmes

    De ce crépuscule d'automne

    Où nos voix reprenaient les thèmes

    Tant tristes du vent monotone !

     

    Des enfants dansaient sur la route

    Qui même vers la lande noire

    Où hurla jadis la déroute,

    Sous la lune, des rois sans gloire.

     

    Nous chantions des chants des vieux âges

    En allant tous deux vers la ville,

    Toi si grave avec tes yeux sages

    Et moi dont l'âme fut si vile.

     

    Le jour tombait au son des cloches

    Dans l'eau lente de la rivière

    Qui charriait vers des mers proches

    La flotte à la noire bannière.

     

    Nous fûmes trop fous pour comprendre

    Les présages du crépuscule :

    Voici l'ombre où l'on croit entendre

    Les sanglots d'un dieu qui recule.

     

    La flotte a fui vers d'autres astres,

    Les enfants sont morts sur la route,

    Et les fleurs, au vent des désastres,

    Ne sont qu'un souvenir de doute.

     

    Sais-tu le chemin de la ville,

    Toi si grave avec tes yeux sages ?

    Ah ! mon âme qui fut trop vile

    A peur des chansons des vieux âges !

    Stuart Merril


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  • Fruits d'automne

    Je me suis bien régalé de fruits d'automne,

    Je me suis bien régalé avec la pomme du pommier.

    Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,

    Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.

    Je me suis bien régalé de fruits d'automne,

    Je me suis bien régalé avec la poire du poirier.

    Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,

    Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.

    Roland Topor


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