• Roses de juin, vous les plus belles

    Roses de juin, vous les plus belles,

    Avec vos coeurs de soleil transpercés ;

    Roses violentes et tranquilles, et telles

    Qu'un vol léger d'oiseaux sur les branches posés ;

    Roses de Juin et de Juillet, droites et neuves,

    Bouches, baisers qui tout à coup s'émeuvent

    Ou s'apaisent, au va-et-vient du vent,

    Caresse d'ombre et d'or, sur le jardin mouvant ;

    Roses d'ardeur muette et de volonté douce,

    Roses de volupté en vos gaines de mousse,

    Vous qui passez les jours du plein été

    A vous aimer, dans la clarté ;

    Roses vives, fraîches, magnifiques, toutes nos roses

    Oh ! Que pareils à vous nos multiples désirs,

    Dans la chère fatigue ou le tremblant plaisir

    S'entr'aiment, s'exaltent et se reposent !

     Émile Verhaeren


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  • Berger d'abeilles

    Le doux titre et l'emploi charmant :

    Être, en juin, un berger d'abeilles,

    Lorsque les prés sont des corbeilles

    Et les champs des mers de froment ;

     

    Quand les faucheurs sur les enclumes

    Martèlent la faux au son clair,

    Et que les oisillons dans l'air

    Font bouffer leurs premières plumes !

     

    Berger d'abeilles, je le fus,

    A huit ans, là-bas, chez mon père,

    Lorsque son vieux rucher prospère

    Chantait sous ses poiriers touffus.

     

    Quel bonheur de manquer l'école

    Que l'été transforme en prison,

    De se rouler dans le gazon,

    Ou de suivre l'essaim qui vole,

     

    En lui disant sur un ton doux

    Pour qu'il s'arrête aux branches basses :

    "Posez-vous, car vous êtes lasses ;

    Belles abeilles, posez-vous !

     

    Nous avons des ruches nouvelles

    Faites d'un bois qui vous plaira ;

    La sauge les parfumera :

    Posez-vous, abeilles, mes belles ! "

     

    Et les abeilles se posaient

    En une énorme grappe grise

    Que berçait mollement la brise

    Dans les rameaux qui bruissaient.

     

    " Père ! criais-je, père ! arrive !

    Un essaim ! " Et l'on préparait

    La ruche neuve où sans regret

    La tribu demeurait captive.

     

    Puis, sur le soir, lorsque, à pas lents,

    Du fond des pâtures lointaines

    Les troupeaux revenaient bêlants

    Vers l'étable et vers les fontaines,

     

    Je retrouvais mon père au seuil

    Comptant ses bêtes caressantes,

    Et lui disais avec orgueil :

    " Toutes les miennes sont présentes ! "

     

    Le doux titre et l'emploi charmant :

    Être, en juin, un berger d'abeilles,

    Lorsque les prés sont des corbeilles

    Et les champs des mers de froment !

    François Fabié


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  • Il a plu. Soir de juin. Écoute

    Il a plu. Soir de juin. Écoute.

    Par la fenêtre large ouverte,

    Tomber le reste de l'averse

    De feuille en feuille, goutte à goutte.

     

    C'est l'heure choisie entre toutes

    Où flotte à travers la campagne

    L'odeur de vanille qu'exhale

    La poussière humide des routes.

     

    L'hirondelle joyeuse jase.

    Le soleil déclinant se croise

    Avec la nuit sur les collines.

     

    Et son mourant sourire essuie

    Sur la chair pâle des glycines

    Les cheveux d'argent de la pluie.

    Charles Guérin


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  • Profitez-bien des derniers jours de l'été.


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  • Profitez-bien de votre dimanche et de vos derniers jours de vacances.


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