• Sensation

    Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers.

    Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

    Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

    Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

     

    Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,

    Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;

    Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

    Par la Nature, heureux - comme avec une femme.

    Arthur Rimbaud


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  • Août

    Le soleil est toujours brûlant ; et les blés d'or,

    Autour des seuils, au bord des eaux, le long des sentes

    Au souffle assoupissant du fiévreux Thermidor

    Balancent tristement leurs ondes languissantes.

     

    Avec les blés les fruits, déjà mûrs, charment l'oeil.

    L'ombreux verger rougoie, et le pré chaud rayonne.

    Notre terre féconde étale avec orgueil

    Tous les dons de Cérès, tous les dons de Pomone.

     

    Le soleil est toujours brûlant ; mais les campeurs

    S'ébattent dans les flots de l'aurore aux étoiles.

    Et le Soir, dans les plis transparents de ses voiles,

    Nous apporte parfois d'enivrantes fraîcheurs.

     

    La rosée à foison choit des blanches nuées

    Sur les gazons roussis ; et, belle d'abandon,

    Mainte femme alanguie, accoudée au balcon,

    Livre au vent de la nuit ses tresses dénouées.

     

    Tous les amusements ont fuit de la cité.

    De Vaudreuil à Gaspé le Plaisir nous allèche,

    Nous prodigue les bains, les régates, la pêche,

    Le gazouillis des eaux, l'air et la liberté.

     

    Le soleil est toujours brûlant ; mais de nos rives

    Et de nos monts altiers, en de bruyants essaims,

    Les touristes cossus des grands États voisins

    Animent les hôtels, les bosquets, les eaux vives.

     

    Et pendant qu'assoiffés de frais, de gais flâneurs

    S'en vont sous le feuillage ombreux, manger sur l'herbe,

    Revenus de leurs champs glanés, des moissonneurs,

    Joyeux, le rye en main, mouillent la grosse gerbe.

    William Chapman


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  • Pourquoi le tournesol se tourne-il vers le soleil ?

    Quand le tournesol est jeune, ses tiges poussent très vite, et cela du matin au soir.

    Durant ce laps de temps, ces tiges se courbent en fonction du mouvement du soleil, donnant l'impression que la fleur suit le soleil. Sa tige pousse en effet plus vite du côté qui est dos au soleil que de l'autre.

    En début de matinée les jeunes tournesols sont tournés vers l'Est ; durant la journée, ils suivent le soleil ; en fin d'après-midi, ils regardent vers l'Ouest.

    Ce mouvement permet aux feuilles de mieux recevoir le lumière. Quand le tournesol arrive à maturité, ce mouvement s'arrête.

    Le phénomène par lequel les plantes se tournent vers le soleil s'appelle le phototropisme. Il y a une explication scientifique à ce phénomène. Il est lié aux substances de croissance que l'on appelle auxines. Lorsque la lumière frappe d'un côté de la tige, l'auxine s'accumule du côté ombragé, avec la conséquence que les cellules de ce côté vont croître à plus grande vitesse.

    Le phénomène de phototropisme que montre le tournesol est l'héliotropisme positif. Il paraît suivre le mouvement du soleil. En réalité,  la fleur prend des positions caractéristiques le matin, à midi , le soir et la nuit.


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  • Quelques cartes d'été faites il y a quelques années lorsque je débutais dans le graphisme

    Bon samedi et bonnes vacances pour ceux qui sont sur le départ.


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  • Devant la mer, un soir...

    Devant la mer, un soir, un beau soir d'Italie,

    Nous rêvions... toi, câline et d'amour amollie,

    Tu regardais, bercée au coeur de ton amant,

    Le ciel qui s'allumait d'astres splendidement.

     

    Les souffles qui flottaient parlaient de défaillance ;

    Là-bas, d'un bal lointain, à travers le silence,

    Douces comme un sanglot qu'on exhale à genoux,

    Des valses d'Allemagne arrivaient jusqu'à nous.

     

    Incliné sur ton cou, j'aspirais à pleine âme

    Ta vie intense et tes secrets parfums de femme,

    Et je posais, comme une extase, par instants,

    Ma lèvre au ciel de tes yeux palpitants !

     

    Des arbres parfumés encensaient la terrasse,

    Et la mer, comme un monstre apaisé par ta grâce,

    La mer jusqu'à tes pieds allongeait son velours,

    La mer...

     

    ... Tu te taisais ; sous tes beaux cheveux lourds

    Ta tête à l'abandon, lasse, s'était penchée,

    Et l'indéfinissable douceur épanchée

    À travers le ciel tiède et le parfum amer

    De la grève noyait ton coeur d'une autre mer,

     

    Si bien que, lentenent, sur ta main pâle et chaude

    Une larme tomba de tes yeux d'émeraude.

    Pauvre, comme une enfant tu te mis à pleurer,

    Souffrante de n'avoir nul mot à proférer.

     

    Or, dans le même instant, à travers les espaces

    Les étoiles tombaient, on eût dit, comme lasses,

    Et je sentis mon coeur, tout mon coeur fondre en moi

    Devant le ciel mourant qui pleurait comme toi...

     

    C'était devant la mer, un beau soir d'Italie,

    Un soir de volupté suprême, où tout s'oublie,

    Ô Ange de faiblesse et de mélancolie.

    Albert Samain


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