• Mars

    Adieu les jours sereins, et le nuits étoilées !

    La neige à flocons lourds s'amoncelle à foison

    Au penchant des coteaux, dans le fond des vallées

    C'est le dernier effort de la rude saison.

     

    C'est le mois ennuyeux, le mois des giboulées ;

    Des frimas cristallins l'étrange floraison

    Brode ses fleurs de givre aux branches constellées ;

    Là-bas un trait bronzé dessine l'horizon.

     

    Le vieux chasseur des bois dépose ses raquettes ;

    Plus d'orignaux géants, plus de biches coquettes,

    Plus de course lointaine au lointain Labrador.

     

    Il s'en consolera, dans la combe voisine,

    En regardant monter sur un feu de résine

    La sève de l'érable en brûlants bouillons d'or.

    Louis-Honoré Fréchette


    11 commentaires
  • J'aime les fleurs

    J'aime les fleurs

    Avec leurs belles couleurs,

    Leurs bonnes odeurs,

    Cela me rend de bonne humeur,

    Et ça me réjouit le coeur.


    22 commentaires
  • Avril

    Déjà les beaux jours, - la poussière,

    Un ciel d'azur et de lumière,

    Les murs enflammés, les longs soirs ; -

    Et rien de vert : - à peine encore

    Un reflet rougeâtre décore

    Les grands arbres aux rameaux noirs !

     

    Ce beau temps me pèse et m'ennuie.

    - Ce n'est qu'après des jours de pluie

    Que doit surgir, en un tableau,

    Le printemps verdissant et rose,

    Comme une nymphe fraîche éclose

    Qui, souriante, sort de l'eau.

    Gérard de Nerval


    18 commentaires
  • Le papillon

    Naître avec le printemps, mourir avec les roses ;

    Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur ;

    Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,

    S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur ;

    Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,

    S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles :

    Voilà du papillon le destin enchanté.

    Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,

    Et, dans se satisfaire, effleurant toute chose,

    Retourne enfin au ciel chercher la volupté.

    Alphonse de Lamartine


    21 commentaires
  • Le printemps

    Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie,

    Et s'est vêtu de broderie,

    De soleil luisant, clair et beau.

     

    Il n'y a bête ni oiseau

    Qu'en son jargon ne chante ou crie :

    "Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie."

     

    Rivière, fontaine et ruisseau

    Portent en livrée jolie

    Goutte d'argent d'orfèvrerie ;

    Chacun s'habille de nouveau,

    Le temps a laissé son manteau.

    Charles d'Orléans


    24 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique