• Une histoire à suivre

    Après tout ce blanc vient le vert,

    Le printemps vient après l'hiver.

    Après le grand froid le soleil,

    Après la neige vient le nid,

    Après le noir vient le réveil,

    L'histoire n'est jamais finie.

    Après tout ce blanc vient le vert,

    Le printemps vient après l'hiver,

    Et après la pluie le beau temps.

    Claude Roy


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  • Un peintre

    Les blancs nuages

    Dans le ciel bleu

    Les bords sableux

    Du blond rivage

     

    Les rayons d'or

    Le sombre orage

    Un vert feuillage

    Où l'oiseau dort.

     

    La belle rose

    Charmant décor

    Où l'ombre encor'

    Tremble et se pose.

     

    Le ru d'argent

    Vit ou morose

    Qui court... arrose

    Les prés changeants.

     

    D'une main sûre

    Depuis longtemps

    Monsieur printemps

    Peint la nature.

    Michel Beau


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  • Avant-printemps

    Des oeufs dans la haie

    Fleurit l'aubépin

    Voici le retour

    Des marchands forains

     

    Et qu'un gai soleil

    Pailleté d'or fin

    Éveille les bois

    Du pays voisin !

     

    Est-ce le printemps

    Qui cherche son nid

    Sur la haute branche

    Où niche la pie ?

     

    C'est mon coeur marqué

    Par d'anciennes pluies

    Et ce lent cortège

    D'aubes qui le suit.

    René Guy Cadou


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  • Mars

    En mars, quand s'achève l'hiver,

    Que la campagne renaissante

    Ressemble à la convalescente

    Dont le premier sourire est cher ;

     

    Quand l'azur, tout frileux encore,

    Est de neige éparse mêlé,

    Et que midi, frais et voilé,

    Revêt une blancheur d'aurore ;

     

    Quand l'air doux dissout la torpeur

    Des eaux qui se changeaient en marbres ;

    Quand la feuille aux pointes des arbres

    Suspend une verte vapeur ;

     

    Et quand la femme est deux fois belle,

    Belle de la candeur du jour,

    Et du réveil de notre amour

    Où sa pudeur se renouvelle,

     

    Oh ! Ne devrais-je pas saisir

    Dans leur vol ces rares journées

    Qui sont les matins des années

    Et la jeunesse du désir ?

     

    Mais je les goûte avec tristesse ;

    Tel un hibou, quand l'aube luit,

    Roulant ses grands yeux pleins de nuit,

    Craint la lumière qui les blesse,

     

    Tel, sortant du deuil hivernal,

    J'ouvre de grands yeux encore ivres

    Du songe obscur et vain des livres,

    Et la nature me fait mal.

    René François Sully Prudhomme


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