• Le printemps

    les bourgeons verts, les bourgeons blancs

    Percent déjà le bout des branches,

    Et, près des ruisseaux, des étangs

    Aux bords parsemés de pervenches,

    Teintent les arbustres tremblants ;

     

    Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,

    Sur les buissons, les espaliers,

    Vont se changer en fleurs écloses ;

    Et les oiseaux, dans les halliers,

    Entre eux déjà parlent de roses ;

     

    Les bourgeons verts, les bourgeons gris,

    Reluisant de gomme et de sève

     

    Recouvrent l'écorce qui crève

    Le long des rameaux amoindris ;

    Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,

    Sèment l'éveil universel,

    Depuis les cours noires des bouges

     

    Jusqu'au pur sommet sur lequel,

    O neige éclatante, tu bouges ;

    Bourgeons laiteux des marronniers,

    Bourgeons de bronze des vieux chênes,

    Bourgeons mauves des amandiers,

    Bourgeons glauques des jeunes frênes,

    Bourgeons cramoisis des pommiers,

     

    Bourgeons d'ambre pâle du saule,

    Leur frisson se propage et court,

    A travers tout, vers le froid pôle,

    Et grandissant avec le jour

    Qui lentement sort de sa geôle,

    Jette sur le bois, le pré,

    Le mont, le val, les champs, les sables,

    Son immense réseau tout prêt

    A s'ouvrir en fleurs innombrables

    Sur le monde transfiguré.

    Auguste Angellier


    18 commentaires
  • Un jardin, même tout petit, c'est la porte du paradis.
    Marie Angel


    15 commentaires
  • Mars

    Adieu les jours sereins, et le nuits étoilées !

    La neige à flocons lourds s'amoncelle à foison

    Au penchant des coteaux, dans le fond des vallées

    C'est le dernier effort de la rude saison.

     

    C'est le mois ennuyeux, le mois des giboulées ;

    Des frimas cristallins l'étrange floraison

    Brode ses fleurs de givre aux branches constellées ;

    Là-bas un trait bronzé dessine l'horizon.

     

    Le vieux chasseur des bois dépose ses raquettes ;

    Plus d'orignaux géants, plus de biches coquettes,

    Plus de course lointaine au lointain Labrador.

     

    Il s'en consolera, dans la combe voisine,

    En regardant monter sur un feu de résine

    La sève de l'érable en brûlants bouillons d'or.

    Louis-Honoré Fréchette


    11 commentaires
  • J'aime les fleurs

    J'aime les fleurs

    Avec leurs belles couleurs,

    Leurs bonnes odeurs,

    Cela me rend de bonne humeur,

    Et ça me réjouit le coeur.


    22 commentaires
  • Avril

    Déjà les beaux jours, - la poussière,

    Un ciel d'azur et de lumière,

    Les murs enflammés, les longs soirs ; -

    Et rien de vert : - à peine encore

    Un reflet rougeâtre décore

    Les grands arbres aux rameaux noirs !

     

    Ce beau temps me pèse et m'ennuie.

    - Ce n'est qu'après des jours de pluie

    Que doit surgir, en un tableau,

    Le printemps verdissant et rose,

    Comme une nymphe fraîche éclose

    Qui, souriante, sort de l'eau.

    Gérard de Nerval


    18 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique