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    Tout le printemps des paysages et des rivières monte comme un encens dans mon cœur, et le souffle de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte.

    Rabindranath Tagore


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  • Le jardinier

    Quand le printemps fleurit que les herbes s'enflamment

    Il doit chausser ses bottes et se mettre à la tâche

    Dès les premiers rayons le jardin le réclame

    De l'aube au crépuscule il travaille sans relâche

     

    Il rend visite aux fleurs qui fleurissent en touffes

    Il desserre les plants qu'en terre il a semé

    Il éclaircie les rangs pour ne pas qu'ils s'étouffent

    La nature est plus belle quand elle est clairsemée

     

    Pour assouplir la terre il doit se lever tôt

    Sur la terre retournée où il enfonce les bottes

    Il doit passer le croc pour en casser les mottes

     

    Armé d'outils tranchants il sculpte les végétaux

    Sans perdre patience pour le plaisir des yeux

    Quelques fleurs ravissantes et des fruits délicieux.

    Alain Hannecart


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  • Un air de printemps

    Les fleurs de toutes les couleurs sortent de terre

    A quel ordre donné, implacable, que rien ne freine

    A quelle mise à feu à quelle force souterraine

    A quelle horloge obéissent-elles c'est un mystère

     

    Avec force elles s'élancent dessus leur faible tige

    Avec grâce elles balancent se livrent à des voltiges

    Dans leur vigueur, gorgées de sève elles dressent le col

    Arrivées sur orbite elles déploient leur corole

     

    Nul ne sait quelle antenne ni quelle voix les contrôle

    Par quelle voie aérienne elles échangent des paroles

    Ni si quelque aiguilleur les suit sur sa console

     

    Sont-ce des mots d'amour des mots doux ou frivoles

    Peu importe les mots les paroles s'envolent

    Mais comme en poésie leur parfum nous console.

    Alain Hannecart


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  • Douceur d'avril

    J'ai peur d'avril, peur de l'émoi

    Qu'éveille sa douceur touchante ;

    Vous qu'elle a troublés comme moi,

    C'est pour vous seuls que je la chante.

     

    En décembre, quand l'air est froid,

    Le temps brumeux, le jour livide,

    Le cœur, moins tendre et plus étroit,

    Semble mieux supporter son vide.

     

    Rien de joyeux dans la saison

    Ne lui fait sentir qu'il est triste ;

    Rien en haut, rien à l'horizon

    Ne révèle qu'un ciel existe.

     

    Mais, dès que l'azur se fait voir,

    Le cœur s'élargit et se creuse,

    Et s'ouvre pour le recevoir

    Dans sa profondeur douloureuse ;

     

    Et ce bleu qui lui rit de loin,

    L'attirant sans jamais descendre,

    Lui donne l'infini besoin

    D'un essor impossible à prendre.

     

    Le bonheur candide et serein

    Qui s’exhale de toutes choses,

    L’oppresse, et son premier chagrin

    Rajeunit à l'odeur des roses.

     

    Il sent, dans un réveil confus,

    Les anciennes ardeurs revivre,

    Et les mêmes anciens refus

    Le repousser dès qu'il s'y livre.

     

    J'ai peur d'avril, peur de l'émoi

    Qu'éveille sa douceur touchante ;

    Vous qu'elle a troublés comme moi,

    C'est pour vous seuls que je la chante.

    René-François Sully Prudhomme


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  • Chanson de printemps

    Viens ! enfant, la terre s'éveille,

    Le soleil rit au gazon vert !

    La fleur au calice entr'ouvert

    Reçoit les baisers de l'abeille.

    Respirons cet air pur !

    Enivrons-nous d'azur !

    Là-haut sur la colline

    Viens cueillir l'aubépine !

    La neige des pommiers

    Parfume les sentiers.

     

    Viens ! enfant, voici l'hirondelle,

    Qui passe en chantant dans les airs ;

    Ouvre ton âme aux frais concerts

    Éclos sous la feuille nouvelle.

    Un vent joyeux, là-bas,

    Frémit dans les lilas ;

    C'est la saison bénie,

    C'est l'amour, c'est la vie !

    Qu'un fleuve de bonheur

    Inonde notre cœur.

     

    Viens ! enfant, c'est l'heure charmante

    Où l'on voudrait rêver à deux ;

    Mêlons nos rêves et nos vœux

    Sous cette verdure naissante ;

    Salut, règne des fleurs,

    Des parfums, des couleurs !

    Les suaves haleines

    Voltigent sur les plaines ;

    Le cœur épanoui

    Se perd dans l'infini !

    Eugène Tourneux


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