• Déjà, la première hirondelle...

    Déjà la première hirondelle,

    Seul être aux ruines fidèle,

    Revient effleurer nos créneaux,

    Et des coups légers de son aile

    Battre  les gothiques vitraux

    Où l'habitude la rappelle.

    Déjà l'errante Philomène

    Modulant son brillant soupir,

    Trouve sur la tige nouvelle

    Une feuille pour la couvrir,

    Et de sa retraite sonore

    Où son chant seul peut la trahir,

    Semble une voix qui vient d'éclore

    Pour saluer avec l'aurore

    Chaque rose qui va s'ouvrir.

    L'air caresse, le ciel s'épure,

    On entend la terre germer ;

    Sur des océans de verdure

    Le vent flotte pour s'embaumer ;

    La source reprend son murmure ;

    Tout semble dire à la nature :

    " Encore un printemps pour s'aimer ! "

    Alphonse de Lamartine


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  • Belle journée printanière, profitez bien !


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  • Printemps

    Chante Printemps

    L'oiseau batifole

    L'herbe folle sourit

    La fleur endormie

    s'étire gaiement

    Chante Printemps.

    Anne-Marie Chapouton


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  • La Dame du Printemps

    Ses longs cheveux d'aurore ogivant son front lisse,

    La Dame du Printemps, en un songe éternel,

    Au bord du lac où sonnent les cors d'Avenel

    Mire les fleurs de sa robe de haute lisse.

     

    Parmi l'Avril épars, et les tièdes délices,

    Limpide, elle sourit à l'azur fraternel.

    Ses yeux ont la couleur du lac originel,

    Et son corps se balance au rythme des calices.

     

    L'étendard bleu frissonne au vent sur les tourelles :

    Or le doux mal qui chante au cœur des tourterelles

    En son cœur berce un rêve ineffable à saisir.

     

    C'est la langueur d'aimer qui brame sur la berge,

    Et de ses longues mains, elle flatte, la Vierge,

    À ses pieds allongés son tigre, le Désir.

    Albert Samain


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  • Renouveau

    Le printemps maladif a chassé tristement

    L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,

    Et, dans mon être à qui le sang morne préside

    l'impuissance s'étire en un long bâillement.

     

    Des crépuscule blancs tiédissent sous mon crâne

    Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau

    Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,

    Par les champs où la sève immense se pavane.

     

    Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,

    Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

    Mordant la terre chaude où poussent le lilas,

     

    J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...

    - Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil

    De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
    Stéphane Mallarmé


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