• Les jours de lessive

    Dans les bassines de zinc

    Les linges fumants

    Exhalaient leur haleine

    Dans la gorge du jour

     

    Sur les draps de lumière

    Le visage de ma mère

    Chiffonne mes souvenirs

    Dans cette buanderie

     

    Où les jours de lessive

    Levaient dans les âmes

    Un pan entier de ciel

    Où l'eau de nos yeux se mirait.

    Françoise Urban-Menninger


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  • J'aime ma maison

    J'aime ma maison chaude

    L'hiver quand le vent rôde.

    Le printemps y pénètre

    Par toutes les fenêtres.

    Sous le soleil qui sèche,

    L'été, comme elle est fraîche !

    Elle est douce en automne

    Dans le parfum des pommes.

    Je t'aime bien, maison

    Souriant aux saisons.

    Louis Guillaume


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  •  

    Le Canada

    Il est sous le soleil une terre bénie,

    Où le ciel a versé ses dons les plus brillants,

    Où, répondant ses biens la nature agrandie

    A ses vastes forêts mêle ses lacs géants.

     

    Sur ces bords enchantés, notre mère, la France,

    A laissé de sa gloire un immortel sillon,

    Précipitant ses flots vers l'océan immense,

    Le noble Saint-Laurent redit encor son nom.

     

    Heureux qui la connait, plus heureux qui l'habite,

    Et, ne quittant jamais pour chercher d'autres cieux

    Les rives du grand fleuve ou le bonheur l'invite,

    Sait vivre et sait mourir où dorment ses aïeux.

    Octave Crémazie


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  • Le lutin horloger

    Il court, il court sa montre en main,

    Par les rues et par les chemins !

    Mais qu'est-il en train de chercher

    De l'hôtel de ville au clocher ?

     

    Il retourne les sabliers

    Il inspecte les balanciers

    Quartz ou ressort, vite il déloge

    L'oiseau caché dans votre horloge

     

    Tic-tac, il avance, il recule

    Les aiguilles de la pendule

    Il court de demeure en demeure,

    Chercher midi à quatorze heures.

    Jacques Charpentreau


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  •  

    Bien souvent je revois sous mes paupières closes

    Bien souvent je revois sous mes paupières closes,

    La nuit, mon vieux moulin bâti de briques roses,

    Les cours tout embaumés par la fleur du tilleul,

    Ce vieux pont de granit bâti par mon aïeul,

    Nos fontaines, les champs, les bois, les chères tombes,

    Le ciel de mon enfance où volent des colombes,

    Les larges tapis d'herbe où l'on m'a promené

    Tout petit, la maison riante où je suis né

    Et les chemins touffus, creusés comme des gorges,

    Qui mènent si gaiement vers ma belle Font-Georges,

    A qui mes souvenirs les plus doux sont liés.

     

    Et son sorbier, son haut salon de peupliers,

    Sa source au flot si froid par la mousse embellie

    Où je m'en allais boire avec ma sœur Zélie,

    Je les revois ; je vois les bons vieux vignerons

    Et les abeilles d'or qui volaient sur nos fronts,

    Le verger plein d'oiseaux, de chansons, de murmures,

    Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres,

    Et j'entends près de nous monter sur le coteau

    Les joyeux aboiements de mon chien Calisto !

    Théodore de Banville


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