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    L'aube blanche dit à mon rêve

    L'aube blanche dit à mon rêve :

    Éveille-toi, le soleil luit.

    Mon âme écoute, et je soulève

    Un peu mes paupières vers lui.

    Un rayon de lumière touche

    La pâle fleur de mes yeux bleus ;

    Une flamme éveille ma bouche,

    Un souffle éveille mes cheveux.

    Et mon âme, comme une rose

    Tremblante, lente, tout le jour,

    S'éveille à la beauté des choses,

    Comme mon cœur à leur amour.

    Il n'est rien qui ne m’émerveille !

    Et je dis en mon rire d'or :

    Je suis une enfant qui s'éveille

    Jusqu'au moment où Dieu l'endort.

    Charles Van Lerberghe


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  • Le petit matin bleu

    Le petit matin bleu

    Semble avoir de la peine

    A ouvrir grand les yeux,

    A réchauffer la plaine :

     

    Il a barbe de givre,

    Chevelure en embruns,

    Vous invite à le suivre

    Tout au long des jardins...

     

    Le petit matin bleu

    Porte écharpe de brume,

    Mais son cœur est joyeux

    Quand s'estompe la lune,

     

    Quand il s'étire un peu,

    Tout encore à ses rêves,

    Flânant aux chemins creux

    Lorsque la nuit s'achève...

    Kathy FERRE


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    À quoi ça sert, un poème ?

    À quoi ça sert, un poème ?

    Ça sert à jouer des mots

    comme on joue de la guitare,

    de la flûte ou du piano.

    Ça sert à faire savoir

    qu'on est gai ou qu'on est triste,

    ou bien d'humeur fantaisiste.

     

    Ça remplace quelques larmes,

    ça faire rire ou ça désarme.

    Ça sert à parler de soi,

    ou bien de n'importe quoi.

    C'est un voyage intérieur,

    un moyen d'ouvrir son cœur.

     

    À quoi ça sert, un poème ?

    Au fond, ça ne sert à rien,

    mais ça rend la vie plus belle,

    comme un tour de magicien,

    un sourire, un arc-en-ciel.

     

    À quoi ça sert, un poème ?

    Ça sert à dire " Je t'aime ".

    Henriette Major


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  • Devant la cheminée

    Quand le sommeil tombe sur nous,

    Tu te blottis sur mes genoux.

     

    Mes mains caressent les contours

    De ton amitié de velours.

     

    La lueur dansante du feu

    N'est qu'une fente dans tes yeux.

     

    Le chas d'aiguille est si subtil

    Qu'à grande peine y passe le fil.

     

    Et si doux se fait le ronron

    Que je crois sentir sous mes doigts

     

    La lueur du feu qui décroît,

    Le silence de la maison.

    Pierre Menanteau


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  • À la lune

    Quand tu luis au-dessus de la forêt mouvante,

    On dirait que des feux s'allument tout au fond.

    Tu donnes un baiser à l'océan profond,

    Et l'océan frémit comme une âme vivante.

     

    Es-tu notre compagne ? Es-tu notre servante ?

    Ton éclat nous ravit, ton pouvoir nous confond.

    Sous ton voile brillant comme l'or qui se fond,

    N'es-tu qu'un astre mort où règne l'épouvante ?

     

    Donne au toit sans lumière un rayon de pitié,

    Au rêve du poète, une aile audacieuse,

    Et sur les nids d'amour plane silencieuse.

     

    Tu n'offres à nos yeux souvent qu'une moitié...

    De même faisons-nous, blonde lune que j'aime ;

    Cachons-nous des défauts par ce vieux stratagème.

    Léon-Pamphile Le May


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