• Devant la cheminée

    Quand le sommeil tombe sur nous,

    Tu te blottis sur mes genoux.

     

    Mes mains caressent les contours

    De ton amitié de velours.

     

    La lueur dansante du feu

    N'est qu'une fente dans tes yeux.

     

    Le chas d'aiguille est si subtil

    Qu'à grande peine y passe le fil.

     

    Et si doux se fait le ronron

    Que je crois sentir sous mes doigts

     

    La lueur du feu qui décroît,

    Le silence de la maison.

    Pierre Menanteau


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  • À la lune

    Quand tu luis au-dessus de la forêt mouvante,

    On dirait que des feux s'allument tout au fond.

    Tu donnes un baiser à l'océan profond,

    Et l'océan frémit comme une âme vivante.

     

    Es-tu notre compagne ? Es-tu notre servante ?

    Ton éclat nous ravit, ton pouvoir nous confond.

    Sous ton voile brillant comme l'or qui se fond,

    N'es-tu qu'un astre mort où règne l'épouvante ?

     

    Donne au toit sans lumière un rayon de pitié,

    Au rêve du poète, une aile audacieuse,

    Et sur les nids d'amour plane silencieuse.

     

    Tu n'offres à nos yeux souvent qu'une moitié...

    De même faisons-nous, blonde lune que j'aime ;

    Cachons-nous des défauts par ce vieux stratagème.

    Léon-Pamphile Le May


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  •  

    Pour un art poétique

    Prenez un mot prenez en deux

    faites les cuir' comme des œufs

    prenez un petit bout de sens

    puis un grand morceau d’innocence

    faites chauffer à petit feu

    au petit feu de la technique

    versez la sauce énigmatique

    saupoudrez de quelques étoiles

    poivrez et mettez les voiles.

    Où vous voulez-vous donc en venir ?

    A écrire Vraiment ? A écrire ?

    Raymond Queneau


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  • Les jours de lessive

    Dans les bassines de zinc

    Les linges fumants

    Exhalaient leur haleine

    Dans la gorge du jour

     

    Sur les draps de lumière

    Le visage de ma mère

    Chiffonne mes souvenirs

    Dans cette buanderie

     

    Où les jours de lessive

    Levaient dans les âmes

    Un pan entier de ciel

    Où l'eau de nos yeux se mirait.

    Françoise Urban-Menninger


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  • J'aime ma maison

    J'aime ma maison chaude

    L'hiver quand le vent rôde.

    Le printemps y pénètre

    Par toutes les fenêtres.

    Sous le soleil qui sèche,

    L'été, comme elle est fraîche !

    Elle est douce en automne

    Dans le parfum des pommes.

    Je t'aime bien, maison

    Souriant aux saisons.

    Louis Guillaume


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