• Le Sourire

    Qu'il est beau le visage adouci d'un sourire,

    Expression d'un cœur transporté de bonheur,

    Rayonnement parfait magnifique à décrire

    Avec des mots d'amour, telle une haie d'honneur.

     

    Léonard de Vinci en dote la Joconde,

    Avec délicatesse il traduit la beauté

    De la Femme élégante, au charme qui féconde

    Un sourire exaltant l'envie de nouveauté.

     

    Femmes, n'occultez pas votre sourire ardent

    Par de sombres écrans éteignant votre flamme

    Et n'oubliez jamais, je parle en confident...

    Que le sourire et regard sont les reflets de l'âme.

     

    Habile magicien, ce séducteur typique

    Utilise à merveille un boomerang puissant,

    Pour ramener à lui, dans son lancer épique

    Un sourire étranger en cadeau ravissant.

     

    Quels qu'en soient les motifs, la joie ou la malice,

    Un bienfait accompli, une candeur d'enfant,

    Un regret et ses pleurs à remplir un calice,

    Un gracieux sourire en ressort triomphant.

    Louis Fontas


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  • Chat !

    Qui se blottit, souvent, sous le plaid du fauteuil

    Ou s'enroule à mes pieds, mordillant mes souliers ?

    Qui gronde, quelquefois, quand s'envolent les feuilles

    Du journal que je lis juste pour le défier ?

     

    Il me montre, tout fier, sa queue tout en panache,

    Amical ou humain, il se frotte partout,

    Il me lèche parfois et, avec ses moustaches,

    D'un frôlement exquis, me caresse la joue.

     

    A l'affut ou frondeur, en ronronnant, m'appelle,

    Ou, en fauve élégant, sur mon lit, va s'asseoir

    Et s'il me fuit parfois ou se cache, rebelle,

    C'est pour mieux m'adorer lorsque revient le soir.

    Cypora Sebagh


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  • Fenêtre sur mer

    Ma fenêtre est ouverte et mon jardin s'endort,

    Des cloches, dans le soir, bercent ma rêverie,

    Il pleut. Et les bateaux s'en reviennent au port,

    Les quais sont des miroirs que la nuit réfléchit.

     

    Dans un tumultueux et ivre tournoiement,

    Le vent vient accoster au petit pont de bois,

    Les barques, amarrées gréement contre gréement

    Comme des fiancées, balancent et ondoient.

     

    Et quand le ciel mouvant se tourne et puis s'abaisse,

    Que l'horizon se vêt de cendres et de suie,

    Quand la félicité me fuit et me délaisse,

    Je m'endors, doucement, comme l'oiseau au nid.

    Cypora Sebagh


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  • Le temps des moissons

    Le temps de la moisson est enfin arrivé ;

    Lorsque les blés sont mûrs, il faut les ramasser.

    La récolte sera, je veux le croire, bonne ;

    Elle devrait payer le mal que l'on se donne.

    Ce n'est pas en dormant que le travail se fait,

    Mais c'est en moissonnant que l'on remplit la maie.

    Pour pouvoir récolter, il faut avoir semé ;

    Semer à tous les vents tout ce qui peut germer.

    Et moi, si je voulais que tu puisses me lire,

    Il fallait bien qu'un jour je me mette à écrire.

    Dans ma petite tête, parfois il germe des idées,

    Et je les plante là, sur un simple papier.

    À présent, tu me lis, tu deviens mon ami ;

    Et, je ne suis plus seule à rêver dans la nuit.

    Je sais que mes mots ne valent pas grand chose,

    J'ai peur de les montrer. Mais pour une fois j'ose...

     

    À présent tu me lis, et tu sais que j'existe.

    C'est peut-être pour toi que j'entre dans la piste.

    Je fais mon numéro et j'attends les bravos ;

    Je ne récolterai peut-être qu'un zéro...

    Je viens de moissonner mes tous derniers poèmes

    La terre était inculte, ils ont poussé quand même ;

    Ils sont un peu tordus et pas très présentables,

    Mais ils sont arrivés, tu vois, jusqu'à ta table.

    Tout ce que j'ai écrit, tu diras : c'est banal.

    Pourtant tu m'auras lu, ce n'est déjà pas si mal...

    À travers tous ces mots, tu voudras me chercher,

    Peut-être simplement, pour pouvoir te moquer !

    Quand on sème le vent, ce n'est pas toujours la fête ;

    On récolte souvent, il paraît la tempête...

    Mes écrits, maintenant au loin vont s'envoler.

    Ils sortent de mon cœur ; veux-tu les ramasser...

    Blanche Maynadier


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  • Attention au départ

    Éloignez-vous du quai attention au départ

    Les sacs et les valises envahissent le couloir

    Le même tango dans toutes les gares

    L'amour se lit dans un regard

    Des bras se lèvent une main s'agite et au revoir.

     

    Un train s'éloigne un autre arrive

    Sur le côté un coup de poing une douleur vive

    Les portes se ferment les cœurs partent à la dérive

    Appelle-moi quand tu arrives.

     

    La gare se vide autour de moi chacun s'active

    Les forces me manquent pour rejoindre la rive

    KO debout je ne sais pas ce qui m'arrive

    L'amour s'en va il faut que je t'écrive

    Que tu me manques que ça me prive.

     

    Et que je tangue un peu comme un homme ivre.

    Alain Hannecart


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