• Attention au départ

    Éloignez-vous du quai attention au départ

    Les sacs et les valises envahissent le couloir

    Le même tango dans toutes les gares

    L'amour se lit dans un regard

    Des bras se lèvent une main s'agite et au revoir.

     

    Un train s'éloigne un autre arrive

    Sur le côté un coup de poing une douleur vive

    Les portes se ferment les cœurs partent à la dérive

    Appelle-moi quand tu arrives.

     

    La gare se vide autour de moi chacun s'active

    Les forces me manquent pour rejoindre la rive

    KO debout je ne sais pas ce qui m'arrive

    L'amour s'en va il faut que je t'écrive

    Que tu me manques que ça me prive.

     

    Et que je tangue un peu comme un homme ivre.

    Alain Hannecart


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  • Les mouettes

    Ce sont ces grands oiseaux

    Clairs voyants et sereins

    Qui suivent les marins

    Sur les gouffres amers

    Et qui rient de concert

    Quand elles sont dans les airs.

     

    Ce sont ces grands oiseaux

    Au longues ailes blanches

    Qui suivent les bateaux

    Dont les mâts se balancent

    Et se donnent en spectacles

    En montant sur les planches.

    Alain Hannecart


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  • Aquarelliste

    Yvonne sérieuse au visage pâlot

    A pris du papier blanc et des couleurs à l'eau

    Puis rempli ses godets d'eau claire à la cuisine.

    Yvonnette aujourd'hui veut peindre. Elle imagine

    De quoi serait capable un peintre de sept ans.

    Fera-telle un portrait ? Il faudrait trop de temps.

    Et puis la ressemblance est un point difficile

    A saisir, il vaut mieux peindre de l'immobile.

    Et parmi l'immobile inscrit dans sa raison

    Yvonnette a fait le choix d'une belle maison

    Et la peint toute une heure en enfant douce et sage.

    Derrière la maison s'étend un paysage

    Paisible comme un front pensif d'enfant heureux,

    Un paysage vert avec des monts ocreux.

    Or plus haut que le toit d'un rouge de blessure

    Monte un ciel de cinabre où nul jour ne s'azure.

    Quand j'étais tout petit  aux cheveux longs rêvant,

    Quand je stellais le ciel de mes ballons d'enfant,

    Je peignais comme toi, ma mignonne Yvonnette,

    Des paysages verts avec la maisonnette,

    Mais au lieu d'un ciel triste et jamais azuré

    J'ai peint toujours le ciel très bleu comme le vrai.

    Guillaume Apollinaire


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  • Les myrtilles

    Cerné par les bruyères au milieu de la lande

    Sur un sol pauvre offrant de maigres nourritures

    L'arbuste comme égaré dans un monde de brut

    Offre aux cueilleurs, de belles baies rondes à croquer

     

    En sort un jus épais mauve et bleu comme une encre

    Une encre délicieusement acide et parfumée

    Qui colorient les doigts et le bout de la langue

    À la façon des vers chargés de poésie.

    Alain Hannecart


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  • Le Livre de la Vie

    Le livre de la vie est un livre suprême

    Qu'on ne peut ni fermer ni ouvrir à son choix

    Le passage attachant ne s'y lit pas deux fois

    Et le feuillet fatal se tourne de lui-même

    On voudrait revenir à la page où l'on aime

    Mais la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts.

    Alphonse de Lamartine


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