• L'amour

    On peut, dans un amour, garder la foi profonde,

    La volupté du soir et la fraîcheur du jour :

    Mais ce n'est qu'au début magique de l'amour

    Qu'on est réellement tous les deux seuls au monde.

     

    On peut garder l'étoile et l'oiseau qui prélude

    Et le jardin qui tremble au bruit vert du râteau :

    Mais la miraculeuse et double solitude,

    Hélas, le temps jaloux nous la reprend bientôt.

     

    Et, bientôt, sur la route adorable et profonde,

    Où l'on allait vraiment tous les deux seuls au monde,

    On s'arrête... on entend d'autres pas... d'autres voix...

     

    Et c'est, remplissant l'air d'un écho qui déchire

    Et murmurant des mots qu'aucun mot ne peut dire,

    Le couple des amants que l'on fut autrefois !

    Rosemonde Gérard Rostand


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  • Mon premier fond d'écran pour la Saint Valentin

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    Fond Saint Valentin en 1024/768

    Fond Saint Valentin en 1360/768


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  • Se voir le plus possible...

    Se voir le plus possible et s'aimer seulement,

    Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge,

    Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remord nous ronge,

    Vivre à deux et donner son coeur à tout moment ;

     

    Respecter sa pensée aussi loin qu'on y plonge,

    Faire de son amour un jour au lieu d'un songe,

    Et dans cette clarté respirer librement

    Ainsi respirait Laure et chantait son amant.

     

    Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême,

    C'est vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci,

    C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer ainsi.

     

    Et c'est moi, viel enfant du doute et du blasphème,

    Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci :

    Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.

    Alfred de Musset


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  • Mon rêve familier

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

     

    Car elle me comprend, et mon coeur transparent

    Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème

    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

     

    Est-elle brune, blonde, ou rousse ? Je l'ignore.

    Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore,

    Comme ceux des aimés que la vie exila.

     

    Son regard est pareil au regard des statues,

    Etn pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

    L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

    Paul Verlaine


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  • La courbe de tes yeux

    La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,

    Un rond de danse et de douceur,

    Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

    Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

    C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

     

    Feuilles de jour et mousse de rosée,

    Roseaux du vent, sourires parfumés,

    Ailes couvrant le monde de lumière,

    Bateaux chargés du ciel et de la mer,

    Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

     

    Parfums éclos d'une couvée d'aurores

    Qui gît toujours sur la paille des astres,

    Comme le jour dépend de l'innocence

    Le monde entier dépend de tes yeux purs

    Et tout mon sang coule dans leurs regards.

    Paul Eluard


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