Créations quelle chaleur ! - Poème Chaleur

Chaleur
Tout luit, tout bleuit, tout bruit,
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.
Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans l'air où rode
Comme un parfum de reine claude.
Du soleil comme de l'eau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu
Qui grésille et oscille un peu.
Un infini plaisir de vivre
S'élance de la forêt ivre,
Des blés roses comme du cuivre.
Anna de Noailles

Créations Hymne au soleil

Hymne au soleil
Toi qui sèches les pleurs des moindres graminées,
Qui fais d'une fleur morte un brillant papillon,
Lorsqu'on voit, s'effeuillant comme des destinées,
Trembler au vent des Pyrénées
Les amandiers du Rousillon.
Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l'amour maternel !
Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L'humble vitre d'une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !
Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu'on n'ose plus marcher !
Tu changes en émail le vernis de la cruche ;
Tu fais un étendard en séchant un torchon ;
La meule a, grâce à toi, de l'or sur sa capuche,
Et sa petite soeur la ruche,
A de l'or sur son capuchon !
Gloire à toi sur les prés ! Gloire à toi dans les vignes !
Sois bénis parmi l'herbe et contre les portails !
Dans le yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes
Et qui fais les petits détails !
C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre
Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
À chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !
Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu'elles sont !
Edmond Rostand

Créations et Poème "Quand la mer se déchaîne"

Quand la Mer se déchaîne !
Que la mer est belle avec ses blancs moutons !
Mais soudain, elle se change en mégère impromptue :
Fantastique et sublime, semblable à mille démons
Qui fondent sur les maisons et font trembler les nues !
Dans un ciel assombrit, déchiré par l'éclair,
Le vent et le tonnerre font plier les grands arbres,
Ballotant les oiseaux qui cherchent un repaire.
Neptune et Jupiter, ont réuni leurs armes !
L'homme seul, au milieu des éléments déchaînés
Doit lutter pour sa vie et sauver son bateau,
Face aux furies infernales et déterminées,
Qui veulent à tout prix : l'emmener aux fond des eaux...
Pauvres marins luttant contre : vague et orages,
Il vous reste " un ami - un guide sur la terre "
Debout sur les rochers, tout au bord du rivage,
Un ange solitaire scintille dans les ténèbres.
Seul, stoïque, le gardien de phare - coupé u monde,
Assume et reste là... pour que les autres vivent !
Harcelé de milliers de lames qui l'inondent,
L'encerclent, l'agrippent et meurent en vaines offensives !
Là où finit la terre, la mer a on royaume !
Belliqueuse : elle monte jusqu'au toit des maisons
Elle envahit les quais, et roule sur les chaumes,
Bousculant sur la digue les curieux de saison.
Le port avec ses rues sont recouverts d'écume,
Comme en pleine montagne, on marche dans la neige !
La mer est mécontente et montre sa rancune,
Mais les vieux loups de mer, connaissent bien sont manège !
Déesse irascible, elle veut des sacrifices...
En sortant de sont lit, comme une amante cruelle,
Elle emporte avec elle les meilleurs de nos fils !
Mais qui oserait dire : que la mer n'est pas belle ?...
Jean Claude Brinette

Carte bel été - Poème

L'été
Il brille, le sauvage été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.
Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage été,
La poitrine pleine de roses.
Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d'apothéoses,
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.
Théodore de Banville

Carte tournesols - Poème Les tournesols

Les tournesols
Ils sont dorés et gras, et ce sont les enfants
De l'union du Soleil avec dame la Terre.
Il leur a dispensé un peu de sa lumière
En les créant ainsi il y a fort longtemps.
Car l'astre trop distrait a un jour répandu
Quelques rayons ici. Mais au lieu de brûler
La terre provençale, ils y ont fructifié
En grosses fleurs dressées, costaudes et bien drues.
Ce sont les tournesols, ce merveilleux cadeau
D'origine céleste et de divine essence.
Et c'est en pivotant tous dans le même sens
Qu'ils adorent leur père sans lui tourner le dos.
Vette de Fonclare
Je remercie Vette de Fonclare de me permettre de publier ce beau poème sur mon blog.

A nous les bonnes glaces
La vie, c'est comme un cône glacé ; il faut savourer chaque bouchée.
Charles Monroe Schul



Carte Soir d'été - Bonne soirée

Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers.
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux - comme avec une femme.
Arthur Rimbaud











