On passe à l'heure d'hiver
Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.
Marcel Proust


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Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.
Marcel Proust



À la Saint Crépin, la pie monte au pin.
À la Saint Crépin, les mouches voient leur fin.

Fruits d'automne
Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
Je me suis bien régalé avec la pomme du pommier.
Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
Je me suis bien régalé de fruits d'automne,
Je me suis bien régalé avec la poire du poirier.
Je n'ai surtout pas mangé le gland du chêne,
Je n'ai surtout pas mangé le marron du marronnier.
Roland Topor


Souvent à la Saint Florentin, l'hiver lisse son chemin.
Pluie de Saint Florentin dure jusqu'au lendemain.

Dans vos yeux
Dans vos yeux
J'ai lu l'aveu de votre âme
En caractères de flamme
Et je m'en suis allé joyeux
Bornant alors mon espace
Au coin d'horizon qui passe
Dans vos yeux.
Dans vos yeux
J'ai vu s'amasser l'ivresse
Et d'une longue caresse
J'ai clos vos grands cils soyeux.
Mais cette ivresse fut brève
Et s'envola comme un rêve
Dans vos yeux.
Dans vos yeux
Profonds comme des abîmes
J'ai souvent cherché des rimes
Aux lacs bleus et spacieux
Et comme en leurs eaux sereines
J'ai souvent noyé mes peines
Dans vos yeux.
Dans vos yeux
J'ai vu rouler bien des larmes
Qui m'ont mis dans les alarmes
Et m'ont rendu malheureux.
J'ai vu la trace des songes
Et tous vos petits mensonges
Dans vos yeux.
Dans vos yeux
Je ne vois rien à cette heure
Hors que l'Amour est un leurre
Et qu'il n'est plus sous les cieux
D'amante qui soit fidèle
A sa promesse... éternelle
Dans vos yeux.
Gaston Couté

La joie de contempler et de comprendre, voilà le langage que me porte la nature.
Albert Einstein




Soir d'automne
L'automne est la saison dolente.
L'âme des labours assoupis
Berce d'une hymne somnolente
L'enfance des futurs épis ;
Et, triste, la mer de Bretagne
Se prend à gémir, dans le soir.
Par les sentiers de la montagne,
Commence à rôder le Mois Noir.
Et les cloches ont l'air de veuves,
Dans les clochers silencieux...
Nous n'irons plus aux aires-neuves !
Voici l'hiver, le temps des vieux.
Pour le départ des alouettes,
Tintent les glas des abandons.
Pleurez, ô chapelles muettes,
Les cierges éteints des Pardons !
... Avec les oiseaux de passage,
Les Clercs s'en vont aux premiers froids.
Ils emportent, selon l'usage,
Leurs livres, noués trois par trois.
L'automne est la saison dolente.
Les mères, sur le seuil, longtemps,
De leur bénédiction lente
Encouragent les hésitants ;
Car près d'enjamber la barrière,
Plus d'un a suspendu son pas,
Comme si des voix, par derrière,
Lui chuchotaient : " Ne t'en va pas ! "
Anatole Le Braz
