Carte Bon week-end automnal

Je sais à quoi ressemble une pomme qui grille et qui grésille dans l’âtre, un soir d'hiver et je sais le réconfort qu'apporte le fait de la manger toute chaude, avec un peu de sucre et un filet de crème...
Mark Twain

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Je sais à quoi ressemble une pomme qui grille et qui grésille dans l’âtre, un soir d'hiver et je sais le réconfort qu'apporte le fait de la manger toute chaude, avec un peu de sucre et un filet de crème...
Mark Twain


Ton Souvenir est comme un livre...
Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,
Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.
Je voudrais, convoitant l'impossible en mes vœux,
Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l'art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;
Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi
Qu'en tombant de ton âme, in mot, un mot propage en moi ;
Dire quelle mer chante en vagues d'élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d'automne dans les bois ;
De l'heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l'écho presque religieux
D'un ancien baiser attardé sur tes yeux.
Albert Samain


Octobre est une symphonie de permanence et de changement.
Bonaro W. Overstreet


Admirant le petit carré de fleurs que je cultive en été
ou les pots de fleurs à ma fenêtre en hiver,
souvent les gens me disent :
"Mais comment faites-vous pour avoir des plantes aussi florissantes ?
Je n'arrive jamais à avoir une aussi belle floraison !
Quel est votre secret ?"
Et je réponds d'un mot : l'Amour".
Célia Thaxter


Les champignons
Ils naissent dans la mousse
Sous la pluie monotone
Dès qu'arrive l'automne
Que les feuilles sont rousses
À peine plus haut qu'un pouce
Comme une litanie
Ils sortent en colonie
On en voit qui se poussent
Ils ont des chapeaux mous
Comme des parapluies
Qui cachent leur frimousse
Des trous dans leurs culottes
Et comme souvent il flotte
Ils portent aussi des bottes.
Alain Hannecart


L'enfant et l'aïeul
C'est une petit enfant
Qui voudrait être grand ;
Il se met des échasses
Et devient cet espace
Que traverse un géant.
Et voici son grand-père
Qui retrouve une terre
Où les deux voyageurs
Sont à la même hauteur
Dans le temps sans frontière.
L'un devenant très vieux,
L'autre rapetissant,
Ils s'en vont tous les deux
Dans l'espace et le temps,
Lentement, lentement.
Pierre Menanteau


Le vent de l'automne
Que dire, que dire
Des feuilles légères
Qui volent, qui virent
Par monts et par vaux
Et qui hésitent
Entre ciel et terre
Et qui retombent
Comme des oiseaux ?
Ce sont, ce sont
Des messages dans l'air
Que le vent fou
Nous envoie là-haut
Comme pour semer
De pensées légères
Le ciel, le sol
Et les ruisseaux.
Anne Schwarz-Henrich


L'automne
Voici venu le froid radieux de septembre ;
Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
Mais la maison a l'air sévère, ce matin,
Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.
Comme toutes les voix de l'été se sont tues !
Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?
Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois
Que la brise grelotte et que l'eau même a froid.
Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s'envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin
Elles iront mourir sur les étangs demain.
Le silence est léger et calme ; par minute
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
Et puis tout redevient encor silencieux,
Et l'Amour qui jouait sous la bonté des cieux
S'en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
Et la vieille maison qu'il va transfigurer
Tressaille et s'attendrit de le sentir entrer...
Anna de Noailles


En septembre
Ciel roux. Ciel de septembre.
De la pourpre et de l'ambre
Fondus en ton brouillé.
Draperie ondulante
Où le soleil se plante
Comme un vieux clou rouillé.
Flots teintés d'améthyste.
Écumes en batiste
Aux légers falbalas.
Horizon de nuées
Vaguement remuées
En vaporeux lilas.
Falaises jaunissantes.
Des mûres dans les sentes.
Du chaume dans les champs.
Aux flaques des ornières,
En lueurs prisonnières
Le cuivre des couchants.
Aucun cri dans l'espace.
Nulle barque qui passe.
Pas d'oiseaux aux buissons
Ni de gens sur l'éteule.
Et la couleur est seule
A chanter ses chansons.
Apaisement. Silence.
La brise ne balance
Que le bruit endormant
De la mer qui chantonne.
Ciel de miel. Ciel d'automne.
Silence, Apaisement.
Jean Richepin
