
Ambiance
A moins sept ce matin, le thermomètre tousse.
Un petit vent mauvais vous transperce, vous pousse,
Sitôt que vous osez mettre le nez dehors.
Décembre, tout à coup, a changé de décor.
Le givre scintillant a recouvert la treille.
Elle ne chante plus la fontaine aux abeilles.
La pelouse est gelée et craque à chaque pas.
Les grands arbres noircis lèvent au ciel leurs bras
Comme pour implorer la grâce souveraine.
Les oiseaux attristés par l'attaque soudaine,
Avares de leur chant dans le petit jour gris,
Auront bien de la peine à trouver un abri.
Rare est le promeneur dans les rues du canton.
C'est bien emmitouflés des pieds jusqu'au menton
Que les plus courageux vont braver la froidure,
Maudissant la rigueur de Madame Nature,
Laquelle réjouit l'amateur forcené,
Qui sitôt son lever, l'oeil pleureur, goutte au nez,
Photographie sans fin la cité enneigée.
Ah ! Qu'il les reverra ces images figées.
Devant tout un chacun il dira chaque fois :
Je n'avais de ma vie jamais eu aussi froid !
Même cet hiver où... même cet hiver là !
Et les jours passeront, et l'été sera là.
Il fera en juillet une chaleur énorme,
Qui comme chaque année dépassera les normes.
Et nous dirons alors, en brassant un peu l'air :
Ah ! Ciel ! Quelle chaleur ! Ah ! Vivement l'hiver !
Renée Jeanne Mignard
