Départ en vacances : Créations et poème

Je suis en vacances
Assis tout au bord d'un nuage,
ça fait des jours que je voyage
et dans mes vagabondages,
j'ai le vent comme équipage...
Funambule au fil de l'eau,
je fais la papote aux oiseaux
et - il faut ce qu'il faut -
j'ai mis une plume à mon chapeau.
J'ai mon chapeau soleil,
mon écharpe arc-en-ciel,
J'ai tout oublié, je pense :
Je suis en vacances.
Christian Merveille

Créations belle journée d'été - Poème

Si d'autres fleurs décorent la maison
Si d'autres fleurs décorent la maison
Et la splendeur du paysage,
Les étangs purs luisent toujours dans le gazon,
Avec les grands yeux d'eau de leur mouvant visage.
Dites de quels lointains profonds et inconnus
Tant de nouveaux oiseaux sont-ils venus,
Avec du soleil sur leurs ailes ?
Juillet a remplacé Avril dans le jardin
Et les tons bleus par les grands tons incarnadins,
L'espace est chaud et le vent frêle ;
Mille insectes brillent dans l'air, joyeusement,
Et l'été passe, en sa robe de diamants
Et d'étincelles.
Émile Verhaeren

Carte bel été - Création Bonnes vacances - Poème

L'école est fermée
L'école est fermée ;
Le tableau s'ennuie ;
Et les araignées
Dit-on étudient
La géométrie
Pour améliorer
L'étoile des toiles :
Toiles d'araignées,
Bien évidemment.
L'école est fermée ;
Les souris s'instruisent,
Les papillons lisent
Les pupitres luisent,
Ainsi que les bancs.
L'école est fermée ;
Mais si l'on écoute
Au fond du silence,
Les enfants sont là
Qui parlent tout bas
Et dans la lumière,
Des grains de poussière,
Ils revivent toute
L'année qui passa,
Et qui s'en alla...
Georges Jean

Carte été - Poème - Bonnes Vacances les juilletistes

Juillet
Au jardin, assoiffée, la capucine baille.
Dans le coeur d'une rose une abeille s'endort.
À la claire fontaine, un geai s'abreuve encor.
La glycine est au bleu sur la vieille muraille.
Dans le ciel de juillet il n'est pas un nuage.
Le bourg fait le gros dos et lézarde au soleil.
Calme, à peine ridée, l'Indre aux reflets vermeils
Dans la fraîcheur du lit berce ses fleurs sauvages.
Phébus darde ses feux sur les bois et les champs.
Les maisons de la rive ont fermé leurs volets.
L'arbre ne frémit plus, la colombe se tait.
Ils ne s'animeront qu'à l'heure du couchant.
La plage a déployé ses rouges parasols.
L'enfant s'est endormi sur son livre d'images,
Alors que resplendit là-bas, près du rivage,
L'éclatante blondeur d'un champs de tournesols.
Heureux jours de l'été,
Sous le ciel de Touraine,
Jours de beauté sereine
Et de félicité.
Renée Jeanne Mignard

Saison des semailles : Créations et poème

Saison des semailles. Le soir
C'est la moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.
Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.
Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.
Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,
Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.
Victor Hugo

Carte saison des cerises - Poème - Bonne journée

La cueillette des cerises
Espiègle ! J'ai bien vu tout ce que vous faisiez,
Ce matin, dans le champ planté de cerisiers
Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.
Caché par le taillis, j'observais. Une branche,
Lourde sous les fruits mûrs, vous barrait le chemin
Et se trouvait à la hauteur de votre main.
Or, vous avez cueilli des cerises vermeilles,
Coquette ! et les avez mises à vos oreilles,
Tandis qu'un vent léger dans vos boucles jouait.
Alors, vous asseyant pour cueillir un bleuet
Dans l'herbe, et puis un autre, et puis un autre encore,
Vous les avez piqués dans vos cheveux d'aurore ;
Et, les bras recourbés sur votre front fleuri,
Assise dans le vert gazon, vous avez ri ;
Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle.
Mais pendant ce temps-là, ma belle demoiselle,
Un seul témoin, qui vous gardera le secret,
Tout heureux de vous voir heureuse, comparait,
Sur votre frais visage animé par les brises,
Vos regards aux bleuets, vos lèvres aux cerises.
François Coppée
















