Gifs animés Bonne soirée

Les soirées peuvent être extraordinaires, les nuits inoubliables, et pourtant elles aboutissent toujours à des matins comme les autres.
David Foenkinos

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Les soirées peuvent être extraordinaires, les nuits inoubliables, et pourtant elles aboutissent toujours à des matins comme les autres.
David Foenkinos


Avec l'encre couleur du temps...
J'écris avec l'encre noire, les chagrins de tous les jours
et leur trame sans histoire, et leur éternel retour...
J'écris le deuil des saisons et le mal de la raison
et le jour près de s'éteindre.
J'écris avec l'encre verte un jardin que je connais.
J'écris les feuilles et l'herbe que le printemps remuait...
J'écris la lumière douce des chemins de mon pays...
Avec l'encre violette, j'écris les soirs de bruyères
sur les terres désolées et j'écris les âmes fières
de n'être pas consolées.
J'écris avec l'encre rouge tous les feux qui m'ont brûlée
et tous les rubis qui bougent dans le fond des cheminées,
et le soleil qui se couche sur les plus longues journées,
et toutes les roses qui sur la mer s'en sont allées...
Germaine Beaumont


Le bonhomme de neige
Plein
De boules de neige
Ont fait un gros
Bonhomme
Un gros bonhomme de neige.
Chapeau noir,
Nez pointu...
Mais le soir,
Il a plu...
Dans la nuit,
Il a fui...
Seul reste son chapeau
Faisant un rond dans l'eau !
Marie-Hélène Mondou


Guillaume en hiver
Un mignon rouge-gorge, hôte de mon jardin,
Sur le sapin frileux revient chaque matin.
Par ces temps de brouillard, de brumes, de froidure,
Il lui est malaisé de trouver sa pâture.
La saison des frimas le voit fort démuni.
J'ai fait ce qu'il fallait. J'ai installé pour lui,
Aux branches du sapin, vers la haie des cyprès,
Un buffet de plein air. Tout y est toujours prêt.
Quand arrive pour lui l'heure de la pitance,
Mangeoire bien garnie, il peut faire bombance,
Chassant à coups de bec l'oiseau trop importun,
Qui entend avec lui partager le festin.
Pour trouver son prénom, la quête me fut chère,
Car je lui ai donné celui d'Apollinaire.
Derrière le rideau je l'observe souvent,
Immobile, cachée. Le moindre mouvement
Le fait fuir aussitôt sur un arbre du bois.
Il écoute, il attend et rassuré, je crois,
Il revient, achever le succulent repas.
Et je vous garantis qu'il ne se prive pas.
A le voir se gaver, je pense tout le temps,
Comment lui si petit peut-il manger autant ?
Je profite de lui durant le temps d'hiver,
Car aux premiers bourgeons, quand tout redevient vert,
Guillaume disparaît, et pendant de longs mois,
Va hanter à nouveau les forêts et les bois.
Mais quand vers d'autres cieux s'en ira l'hirondelle,
Guillaume sera là, c'est sûr, toujours fidèle.
Mon bonheur sera grand de retrouver enfin,
Le mignon rouge-gorge, hôte de mon jardin.
Renée Jeanne Mignard


La neige
Blanche neige
Gros flocons
Chauds manteaux
Et gros pompons.
Dans la neige
Il fait bon
Tout est beau
Et tout est rond.
Les clochers
Les maisons
Ont des glaçons
Sur le front.
Les traîneaux
Les chapeaux
Ont de la glace
Au menton.
Il fait froid,
Gla,gla,gla,
Couvertures et feu de bois.
Il fait chaud
Chocolat
La neige fond
Et ça sent bon !
Sophie Arnould


Le bonhomme Hiver
Le bonhomme Hiver a mis ses parures,
Souples mocassins et bonnet bien clos,
Et, tout habillé de chaudes fourrures,
Au loin fait sonner gaîment ses grelots.
À ses cheveux blancs le givre étincelle ;
Son large manteau fait des plis bouffants :
Il a des jouets plein son escarcelle
Pour mettre au chevet des petits enfants.
Quand le soleil luit la neige est coquette ;
Mol et lumineux, son tapis attend
Le groupe rieur qui, sur la raquette,
Au flanc des coteaux, chemine en chantant.
Dans les soirs sereins, l'astre noctambule
Plaque vaguement d'un reflet d'acier
La clochette d'or qui tintinnabule.
Au harnais d'argent du fringuant coursier.
Au feu du soleil ou des girandoles,
Emportée au vol de son patin clair,
Mainte patineuse, en ses courses folles,
Sylphe gracieux, luit comme un éclair.
Un rayon là-bas aux vitres rougeoie ;
On entend des sons d'orchestre lointain :
Ce sont ces deux sœurs, la danse et la joie,
Qui vont s'amuser jusques au matin.
Et dans l'azur vif baigné de lumière,
Spectacle charmant, aspect sans rival,
Aux toits de la ville et sur la chaumière
Flotte le drapeau du gai carnaval.
Louis Honoré Frechette


Arlequin danse sur une corde à linge
Dans le vent qui balance il saute à cloche pied
Il prend la corde à linge pour une corde à sauter
Toujours gardant une jambe en l'air
Il porte son habit légendaire,
Son habit bariolé constitué de losanges
Dont chaque carré de toile fut tissé par les anges
Pour que toutes les couleurs ensemble se mélange
Il danse comme fait le linge avec des cris de singe
Dès que sortent les voiles dès que claques les toiles
Il se balance si haut qu'il se pique aux étoiles.
Alain Hannecart


Saltimbanques
Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises.
Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe.
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage.
Guillaume Apollinaire
