Créations de Pâques

Les œufs de Pâques
La poule en chocolat pondit
De tout petits œufs dans son nid,
Des œufs de toutes les couleurs,
Joyeux comme un bouquet de fleurs,
Sans blanc ni jaune à l'intérieur.
C'étaient des œufs à la liqueur.

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Les œufs de Pâques
La poule en chocolat pondit
De tout petits œufs dans son nid,
Des œufs de toutes les couleurs,
Joyeux comme un bouquet de fleurs,
Sans blanc ni jaune à l'intérieur.
C'étaient des œufs à la liqueur.


Tu crois au marc de café, - Aux présages, aux grands jeux :
- Moi je ne crois qu'en tes grands yeux.
Paul Verlaine


Les années, les heures ne sont pas des mesures certaines de la durée de la vie. Une longue vie est celle dans laquelle nous vivons à tous les instants et nous nous sentons vivre.
Lady Morgan Sydney Owenson


La violette
" Pourquoi faut-il qu'à tous les yeux
Le destin m'ait cachée au sein touffu de l'herbe,
Et qu'il m'ait refusé, de ma gloire envieux,
La majesté du lis superbe ?
Ou que n'ai-je l'éclat vermeil
Que donne le printemps à la rose naissante,
Quand, dans un frais matin, les rayons du soleil
Ouvrent sa robe éblouissante ?
Peut-être pourrais-je en ces lieux
Captiver les regards de la jeune bergère
Qui traverse ces bois, et, d'un pied gracieux,
Foule la mousse bocagère.
Avant qu'on m'eût vu me flétrir,
Je me serais offerte à ses beaux doigts d'albâtre ;
Elle m'eût respirée, et j'eusse été mourir
Près de ce sein que j'idolâtre.
Vain espoir ! on ne te voit pas ;
On te dédaigne, obscure et pâle violette !
Ton parfum même est vil ; et ta fleur sans appas
Mourra dans ton humble retraite. "
Ainsi, dans son amour constant,
Soupirait cette fleur, amante désolée ;
Quand la bergère accourt, vole, et passe en chantant ;
Le fleur sous ses pas est foulée.
Son disque, à sa tige arraché,
Se brise et se flétrit sous le pied qui l'outrage ;
Il perd ses doux parfums, et languit desséché
Sur la pelouse du bocage.
Mais il ne fut pas sans attrait
Ce trépas apporté par la jeune bergère,
Et l'on dit que la fleur s'applaudit en secret
D'une mort si douce et si chère.
Charles-Julien Lioult de Chênedollé


Renouveau
Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
l'impuissance s'étire en un long bâillement.
Des crépuscule blancs tiédissent sous mon crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau
Et triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane.
Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent le lilas,
J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.
Stéphane Mallarmé