Créations hivernales

Si le renard tousse
Tousse, tousse, tousse
Si le renard tousse,
Lui faut de la mou-ousse
Douce douce dou-ouce
Mousse, mousse, mousse
Si le renard tousse
Lui faut du sirop
Mais l'en faut pas trop !

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Si le renard tousse
Tousse, tousse, tousse
Si le renard tousse,
Lui faut de la mou-ousse
Douce douce dou-ouce
Mousse, mousse, mousse
Si le renard tousse
Lui faut du sirop
Mais l'en faut pas trop !


Les petits flocons
Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Se sont enfuis
Comme des oisillons
Hors de leur nid...
Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Ont butiné
Comme des papillons
Dans le verger.
Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Se sont ouverts
Comme de fins bourgeons,
Fleurs de l'hiver.
Albert Atzenwiler


Le vase et l'oiseau
Tout seul au plus profond d'un bois,
Dans un fouillis de ronce et d'herbe,
Se dresse, oublié, mais superbe,
Un grand vase du temps des rois.
Beau de matière et pur de ligne,
Il a pour anses deux béliers
Qu'un troupeau d'amours familiers
Enlace d'une souple vigne.
À ses bords, autrefois tout blancs,
La mousse noire append son givre ;
Une lèpre aux couleurs de cuivre
Étoile et dévore ses flancs.
Son poids a fait pencher sa base
Où gît un amas de débris,
Car il a ses angles meurtris,
Mais il tient bon, l’orgueilleux vase.
Il songe : "Autour de moi tout dort,
Que fait le monde ? Je m'ennuie,
Mon cratère est plein d'eau de pluie,
D'ombre, de rouille et de bois mort.
"Où donc aujourd'hui se promène
Le flot soyeux des courtisans ?
Je n'ai pas vu figure humaine
À mon pied depuis bien des ans."
Pendant qu'il regrette sa gloire,
Perdu dans cet exil obscur,
Un oiseau par un trou d'azur
S'abat sur ses lèvres pour boire.
"Holà ! Manant du ciel, dis-moi,
Toi devant qui l'horizon s'ouvre,
Sais-tu ce qui se passe au Louvre ?
Je n'entends plus parler du roi.
-Ah ! Tu prends, à l'heure où nous sommes,
Dit l'autre, un bien tardif souci !
Rien n'est donc venu jusqu'ici
Des branle-bas qu'on faits les hommes ?
- Parfois un soubresaut brutal,
Des rumeurs extraordinaires,
Comme de souterrains tonnerres
Font tressaillir mon piédestal.
- C'est l'écho de leurs grands vacarmes :
Plus une tour, plus un clocher
Où l'oiseau puisse en paix nicher ;
Partout l'incendie et les armes !
"J'ai naguère, à Paris, en vain
Heurté du bec les vitres closes,
Nulle part, même aux lèvres roses,
La moindre miette de vrai pain.
"Au mansardes des tuileries
Je logeais, le printemps passé,
Mais les flammes m'en ont chassé,
Ce n'était que feux et tueries.
"Sur le front du génie ailé
Qui plane où sombra la bastille,
J'ai voulu poser ma famille,
Mais cet asile a chancelé.
" Des murs de granit qu'on restaure
Nous sommes l'un et l'autre exclus,
Là le temps des palais n'est plus,
Et celui des nids, pas encore. "
René-François Sully Prudhomme


Un bonhomme de neige
Un bonhomme de neige est né
Dans le jardin d'à côté
Un bonhomme de neige est né
Un chapeau et un balai
Une carotte pour le nez
Un cache-nez autour du cou
Pour les yeux deux petits cailloux.
Il dit bonjour aux passants
Et fait des blagues aux enfants
Il s'amuse à s'écrouler
pour qu'on vienne le réparer.

Il n'y a rien de plus merveilleux qu'une tasse de café fumant par une froide matinée d'hiver.
Erica Spindler


Il ne faut jamais regarder quelqu'un qui dort. C'est comme si on ouvrait une lettre qui ne vous est pas adressée.
Sacha Guitry

Quand il neige à plein temps, c'est comme du silence qui tombe.
Belle journée hivernale !




En hiver
L'hiver force Nature à se déshabiller
Tandis que s'emmitouflent alors bêtes et gens ;
Les platanes tendent leurs lames effilées
Vers le ciel comme des Edward aux mains d'argent.
Les couleurs paraissent ternies et desséchées
Par le vent animant seul ces rudes parages
À moins qu'un promeneur égaré à marcher
Ne donne pour un temps la vie au paysage.
Je fus le promeneur de ces contrées austères
Cherchant la solitude ainsi qu'un beau trésor
Lorsque j'étais repu des ors et des lumières
Que les cités dispensent encore et encore...
Mais je guettais pourtant et toujours en mon âme
Le retour du printemps et son ardente flamme...
Maryse Gevaudan


Amitié
Je connais un petit ange
Lequel n'a jamais mouillé
Sa blanche robe à la fange
Dont notre monde est souillé.
C'est lui qui donne le change
Au pauvre cœur dépouillé
Que l'amour, vautour étrange,
D'un bec cruel a fouillé.
Cet ange, qui vous ressemble,
Sous son aile nous rassemble
C'est la divine Amitié.
Son regard est doux et calme ;
Il m'offre sa chaste palme...
En voulez-vous la moitié ?
Louis Honoré Fréchette


Janvier
Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l'hiver,
Qu'après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur envol vers le Midi ;
Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d'avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;
Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?
Hélas ! comme il faut qu'il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.
Tu parles, ce soir où tu m'aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?
François Coppée
