Le dicton de Sainte Fleur

Quand arrive la Sainte Fleur, pour aller au verger, ce n'est plus l'heure.
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Quand arrive la Sainte Fleur, pour aller au verger, ce n'est plus l'heure.

La biche des bois
Les chasseurs sont absents ; la triste voix du cor
N'est plus, au fond des bois, qu'un écho de fanfare ;
Plus de galop brutal, de cheval qui s'effare,
Cassant les églantiers qui fleurissent encor.
Pour le faisan qui veille et la grive qui dort.
C'est une douce trêve où le bonheur répare ;
Adieu la vérité de la chasse barbare ;
La fable bien aisante à repris le décor.
Entre les églantiers tout pavoisés de roses,
Le cerf a des yeux d'or qui regardent les choses,
Et la biche est si féminine que, parfois,
On croit qu'elle n'est pas une biche sans cesse,
Et que, la nuit peut-être, elle est cette princesse
Qui, le jour seulement, devenait biche au bois.
Rosemonde Gérard Rostand


À la Saint François vient le premier froid.
À la Saint François on sème, si l'on veut, et plus tôt même.
À la Saint François la bécasse est au bois.
Sème à la Saint François si tu veux que ton grain ait du poids.
À la Saint François d'Assise, si tu bâtis, sois prudent pour tes assises.

À la Saint Gérard, la récolte est encore au hasard.
À la Saint Gérard sèmes ton blé.

Complainte amoureuse
Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le dise
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez ?
Alphonse Allais


Si les feuilles tombent à la Saint Léger, suivra une bonne année.
Ne sème point à la Saint Léger, si tu veux point de blé trop léger.
À la Saint Léger, faut se purger.

Les vieilles maisons
Je n'aime pas les maisons neuves :
Leur visage est indifférent ;
Les anciennes ont l'air de veuves
Qui se souviennent en pleurant.
Les lézardes de leur vieux plâtre
Semblent les rides d'un vieillard ;
Leurs vitres au reflet verdâtre
Ont comme un triste et bon regard !
Leurs portes sont hospitalières,
Car ces barrières ont vieilli ;
Leurs murailles sont familières
À force d'avoir accueilli.
Les clés s'y rouillent aux serrures,
Car les coeurs n'ont plus de secrets ;
Le temps y ternit les dorures,
Mais fait ressembler les portraits.
Des voix chères dorment en elles,
Et dans les rideaux des grands lits
Un souffle d'âmes paternelles
Remue encor les anciens plis.
J'aime les âtres noirs de suie,
D'où l'on entend bruire en l'air
Les hirondelles ou la pluie
Avec le printemps ou l'hiver ;
Les escaliers que le pied monte
Par des degrés larges et bas
Dont il connaît si bien le compte,
Les ayant creusés de ses pas ;
Le toit dont fléchissent les pentes ;
Le grenier aux ais vermoulus,
Qui fait rêver sous ses charpentes
À des forêts qui ne sont plus.
J'aime surtout, dans la grand'salle
Où la famille a son foyer,
La poutre unique, transversale,
Portant le logis tout entier ;
Immobile et laborieuse,
Elle soutient comme autrefois
La race inquiète et rieuse
Qui se fie encore à son bois.
Elle ne rompt pas sous la charge,
Bien que déjà ses flancs ouverts
Sentent leur blessure plus large
Et soient tout criblés par les vers ;
Par une force qu'on ignore
Rassemblant ses derniers morceaux,
Le chêne au grand coeur tient encore
Sous la cadence des berceaux.
Mais les enfants croissent en âge,
Déjà la poutre plie un peu ;
Elle cédera davantage ;
Les ingrats la mettront au feu...
Et, quand ils l'auront consumée,
Le souvenir de son bienfait
S'envolera dans sa fumée.
Elle aura péri tout à fait,
Dans ses restes de toutes sortes
Éparses sous mille autres noms ;
Bien morte, car les choses mortes
Ne laissent pas de rejetons.
Comme les servantes usées
S'éteignent dans l'isolement,
Les choses tombent méprisées,
Et finissent entièrement.
C'est pourquoi lorsqu'on livre aux flammes
Les débris des vieilles maisons,
Le rêveur sent brûler des âmes
Dans les bleus éclairs des tisons.
Sully Prudhomme


Saint Jérôme venu, sors ta charrue.
À la Saint Jérôme, hoche tes pommes.