Carte fleurie

Chut
Dans la prairie
Aux boutons d'or
Il te suffit
De souffler fort,
De souffler fort
Sur la bougie,
Sur la bougie
D'un pissenlit
Pour voir éclore
En trois chut chut
Toute une pluie
De parachutes.
Pierre Coran

Créations Pluie
Certains sentent la pluie à l'avance : d'autres se contentent d'être mouillés.
Henry Miller



Carte perce-neige

La perce-neige
Lorsque la terre aux flancs arides
Dans l'hiver étale ses rides
Et frissonne au souffle de mars,
Voici déjà la perce-neige
Qu'un rayon de soleil protège,
Du gel défiant les hasards !
Sous la feuille elle éclot cachée,
Et là, modestement penchée,
Des mortels fuyant les dédains,
Cette pâle fleur printanière
Nous semble en s'ouvrant la première
L'hirondelle de nos jardins.

Créations printanières - Poème

Printemps
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.
Victor Hugo

Carte fleurie - Poème

La violette
Dans les prés verts où le ruisseau
Passe et murmure,
Tu mires au cristal de l'eau
Ta tête pure ;
Petite fleur qu'un souffle suit,
- Si parfumée -
Par toi la brise de la nuit
Est embaumée.
Lorsque l'étoile, à l'horizon,
Pâle, s'allume,
Sur ta corolle son rayon
Blanc se parfume ;
Quand tu fuis les regards de tous,
Humble et discrète,
Ton doux parfum, ô violette,
Monte vers nous.
Le premier souffle du printemps
Te fait éclore.
Et l'hiver qui blanchit nos champs
Te voit encore ;
Dans la mansarde, ô douce fleur,
À la souffrance
Tu portes l'agréable odeur
Et l'espérance.
Quand nos larmes tombent sur toi,
Triste rosée,
Tu consoles dans son émoi
L'âme brisée ;
Lorsque ton calice fermé
Devient tout pâle,
Ton dernier souffle qui s'exhale
Est parfumé.
Napoléon Legendre
















