Création avec citation - Du courrier pour toi
La lettre qu'on n'a jamais reçue, d'où dépendrait peut-être le bonheur de toute notre vie.
Jules Renard


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La lettre qu'on n'a jamais reçue, d'où dépendrait peut-être le bonheur de toute notre vie.
Jules Renard



Je voulais dans mon cartable
Je voulais dans mon cartable
Emporter mes châteaux de sable,
Mon cerf-volant, des coquillages
Et le portique de la plage.
Maman m'a dit :
"Ce n'est pas permis
Et puis tout ça
Ça ne rentre pas !"
Alors j'ai pris un beau stylo,
Pour le goûter quelques gâteaux
Et que des choses raisonnables.
Plus trois petits grains de sable.
Pierre Ruaud



Beau temps de Saint Louis, plusieurs jours sans pluie.
À la Saint Louis, le foin non rentré est à moitié gâté.

À la Saint Barthélémy, s'il fait beau, du vin plein les tonneaux.
Pluie de Saint Barthélémy, de la vigne est l'ennemi.
Si Saint Barthélémy fait ciel d'ange, beaux fruits, belles vendanges.
Cigognes à la Saint Barthélémy, un doux hiver nous est permis.
À la Saint Barthélémy, la grenouille sort de son nid.
À la Saint Barthélémy, la perche au noyer, le trident au fumier.

Toutes les fleurs
Toutes les fleurs, certes, je les adore.
Les pâles lys aux saluts langoureux.
Les lys fluets dont le satin se dore.
Dans leur calice d'ors poudreux.
Et les bluets bleus,
Dont l'azur décore
Les blés onduleux,
Et les liserons qu'entrouvre l'aurore
De ses doigts frileux.
Mais surtout, surtout, je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses.
Toutes les fleurs, certes, je les adore.
Les cyclamens aux fragiles bouquets,
Les mimosas dont le buisson se dore,
Et les chers jasmins si coquets,
Et les doux genêts,
Dont la brise odore,
Et les fins muguets,
Les muguets d'argent,
Si frais quand l'aurore
Mouille les bosquets.
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Cependant que de folles gloses
S'emplissent les jardins heureux,
Des lilas lilas
Et des roses roses.
Toutes les fleurs, certes, je les adore.
Toutes les fleurs dont fleurit ta beauté,
Les clairs soucis dont la mumière dore
Tes cheveux aux blondeurs de thé,
L'iris velouté
Qui te prête encore
Sa gracilité,
Et l'oeillet qui met ta joue et l'aurore
En rivalité.
Mais surtout, surtout je suis amoureux,
Dans tes chère lèvres décloses
Et dans les cernes de tes yeux,
Des lilas lilas
Et des roses roses.
Edmond Rostand


Le serment
Idole de ma vie,
Mon tourment, mon plaisir,
Dis-moi si ton envie
S'accorde à mon désir ?
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Donne-moi l'espérance ;
Je te l'offre en retour.
Apprends-moi la constance ;
Je t'apprendrai l'amour.
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Sois d'un coeur qui t'adore
L'unique souvenir ;
Je te promets encore
Ce que j'ai d'avenir.
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Vers ton âme attirée
Par le plus doux transport,
Sur ta bouche adorée
Laisse-moi dire encor :
Comme je t'aime en mes beaux jours,
Je veux t'aimer toujours.
Marceline Desbordes-Valmore


À la Sainte Rose, pour le travailleur pas de pose.
Pour une amie qui se reconnaitra.

Les caresses des yeux
Les caresses des yeux sont les plus adorables ;
Elles apportent l'âme aux limites de l'être,
Et livrent des secrets autrement ineffables,
Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.
Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d'elles ;
Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;
Rien n'exprime que lui les choses immortelles
Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.
Lorsque l'âge a vieilli la bouche et le sourire
Dont le pli lentement s'est comblé de tristesses,
Elles gardent encor leur limpide tendresse ;
Faites pour consoler, enivrer et séduire,
Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !
Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?
Auguste Angellier


Le bonheur est mélancolique
Le bonheur est mélancolique.
Le cri des plus joyeux oiseaux
Paraît lointain comme de l'eau
Où se noierait une musique.
À l'oeil qui s'en repaît longtemps
La couleur des fleurs est moins fraîche ;
L'herbe a parfois l'air d'être sèche
Sur le sein même du printemps.
L'allégresse comme un mensonge
Hausse sa note d'un degré
Et l'angoisse au coeur se prolonge
Sous un jour trop longtemps doré.
Cécile Sauvage
