• Les beaux iris de l'avenue

    Les beaux iris de l'avenue

    Panache au vent,

    Violets ou blancs

    Tout en grande tenue,

    Vont passer la revue.

     

    Tenant bien haut leur hallebarde,

    Panache au vent,

    Violets ou blancs

    Les beaux soldats : regarde !

    S'en vont monter la garde.

     

    Ils ont, ma foi, si fière pose

    Panache au vent,

    Violets ou blancs

    Que les tulipes n'osent

    Lever leur tête rose.

     

    En défilant dans les allées

    Panache au vent,

    Violets ou blancs

    Ils conquièrent d'emblée

    Le cœur d'or des pensées.

    Albert Atzenwiler


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  • Les Roses

    Le Printemps rayonnant, qui fait rire le jour

    En montrant son beau front, vermeil comme l'aurore,

    Naît, tressaille, fleurit, chante, et dans l'air sonore

    Éveille les divins murmures de l'amour.

     

    O Sylphes ingénus, vous voilà de retour !

    De mille joyaux d'or la forêt se décore,

    Et blanche, regardant les corolles éclore,

    Titania folâtre au milieu de sa cour.

     

    A travers l'éther pur dont elle fait sa proie,

    Tandis que la lumière, éclatante de joie,

    Frissonne dans la bleue immensité des cieux.

     

    Beauté qui nous ravis avec tes molles poses,

    Dis, n'est-ce pas qu'il est doux et délicieux

    De plonger follement ta bouche dans les roses ?

    Théodore de Banville


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  • La pensée

    Un soir, vaincu par le labeur

    Où s'obstine le front de l'homme,

    Le m'assoupis, et dans mon somme

    M'apparut un bouton de fleur.

     

    C'était cette fleur qu'on appelle

    Pensée ; elle voulait s'ouvrir,

    Et moi je m'en sentais mourir :

    Toute ma vie allait en elle.

     

    Échange invisible et muet :

    A mesure que ses pétales

    Forçaient les ténèbres natales,

    Ma force à moi diminuait.

     

    Et ses grands yeux de velours sombre

    Se dépliaient si lentement

    Qu'il me semblait que mon tourment

    Mesurât des siècles sans nombre.

     

    Vite, ô fleur, l'espoir anxieux

    De te voir éclore m'épuise ;

    Que ton regard s'achève et luise !

    René Armand François Sully Prudhomme


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  • L'orchidée

    Dame nature crée de ces fleurs exotiques

    Aux diverses couleurs et aux formes typiques

    Qui parent les forêts, embaumant les sous-bois.

    Comme un soleil, leur jaune est éclatant parfois,

    Et leur manteau de pourpre est souvent obsédant,

    Le bleu aussi les vêt, du pâle au plus violent

    Sans oublier le rose à peine nuancé

    Qui teinte volontiers leurs corolles nacrées.

    Tantôt tissées de soie et tantôt de crépon,

    Zébrées ou mouchetées, ceci dans tous les tons

    Leurs allures légères pleines de fioritures

    Évoquent tour à tour, selon leur contexture

    Soit l'araignée velue, l'oiseau de Paradis,

    La libellule fine ou bien le colibri.

    Claude Effrench


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  • Primeroses

    Ces délicieuses fleurs roses,

    Grandes ouvertes ou mi-closes,

    Me soufflent de tant douces choses

    Et fleurent si frais et si doux,

    Que, bien sûr, et corolle et tige,

    Recèlent par quelque prodige,

    Quelque chose qui vient de vous.

     

    Troublant et capiteux arôme !

    Mon cœur, comme l'air s'en embaume,

    Et, grisé, je pars au royaume

    Du rêve, où mes espoirs défunts,

    Où mes illusions dernières,

    Comme ces roses printanières,

    Ont vécu leurs premiers parfums.

    Nérée Beauchemin


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