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    Le printemps

    Au printemps, c'est dans les bois nus

    Qu'un jour nous nous sommes connus.

     

    Les bourgeons poussaient vapeur verte,

    L'amour fut une découverte.

     

    Grâce aux lilas, grâce aux muguets,

    De rêveurs nous devînmes gais.

     

    Sous la glycine et le cytise,

    Tous deux seuls, que faut-il qu'on dise ?

     

    Nous n'aurions rien dit, réséda,

    Sans ton parfum qui nous aida.

    Charles Cros


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  • En cette saison printanière de l'année, quand l'air est doux et plaisant, ce serait une injure à la nature et vraiment dommage de ne pas aller dehors voir sa magnificence  et partager sa façon de relier le ciel et la terre.
    John Milton


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  • Avril

    Avril, l'honneur et des bois

    Et des mois,

    Avril, la douce espérance

    Des fruits qui sous le coton

    Du bouton

    Nourrissent leur jeune enfance.

     

    Avril, l'honneur des prés verts

    Jaunes, pers,

    Qui d'une humeur bigarrée

    Émaillent de mille fleurs

    De couleurs

    Leur parure diaprée.

     

    Avril, l'honneur des soupirs

    Des zéphirs,

    Qui sous le vent de leur aile

    Dressent encore les forêts

    De doux reflets

    Pour ravir Flore la belle.

     

    Avril, c'est ta douce main

    Qui du sein

    De la nature desserre

    Une moisson de senteurs

    Et de fleurs

    Embaumant l'air et la terre.

     

    Mai vantera ses fraîcheurs

    Ses fruits meurs

    Et sa féconde rosée ;

    La manne et le sucre doux

    Le miel roux

    Dont sa grâce est arrosée.

     

    Mais moi je donne ma voix

    A ce mois

    Qui prend le surnom de celle

    Qui de l'écumeuse mer

    Vit germer sa naissance maternelle.

    Rémy Belleau


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  • Qui n'a cru respirer dans la fleur renaissante, les parfums regrettés de ses premiers printemps.
    Marceline Desbordes-Valmore


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  • Prière au printemps

    Toi qui fleuris ce que tu touches,

    Qui, dans les bois, aux vieilles souches

    Rends la vigueur,

    Le sourire à toutes les bouches,

    La vie au cœur ;

     

    Qui changes la boue en prairies,

    Sèmes d'or et de pierreries

    Tous les haillons,

    Et jusqu'au seuil des boucheries

    Mets des rayons !

     

    Ô printemps, alors que tout aime,

    Que s'embellit la tombe même,

    Verte au dehors,

    Fais naître un renouveau suprême

    Au cœur des morts !

     

    Qu'ils ne soient pas les seuls au monde

    Pour qui te restes inféconde,

    Saison d'amour !

    Mais fais germer dans leur poussière

    L'espoir divin de la lumière

    Et du retour !

    René-François Sully Prudhomme


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