• Au bois

    Nous étions, elle et moi, dans cet avril charmant

    De l'amour qui commence en éblouissement.

    Ô souvenirs ! ô temps ! heures évanouies !

    Nous allions, le coeur plein d'extases inouïes,

    Ensemble dans les bois, et la main dans la main.

    Pour prendre le sentier pour marcher dans les herbes.

    Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ;

    Elle disait : Je t'aime ! et je me sentais dieu.

     

    Parfois, près d'une source, on s'asseyait un peu.

    Que de fois j'ai montré sa gorge aux branches d'arbre !

    Rougissante et pareille aux naïades de marbre,

    Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait.

    Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait,

    En regardant autour de nous les pâquerettes,

    Les boutons-d'or joyeux, les pervenches secrètes

    Et les frais liserons d'une eau pure arrosés,

    Que ces petites fleurs étaient tous les baisers

    Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche

    Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche

    Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir,

    Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir

    Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée,

    En voyant toute l'herbe au fond du bois foulée ?

    Victor Hugo


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  • A mes hirondelles

    L'hiver au doux printemps vient de céder la place,

    Mars de sa tiède haleine a réchauffé l'espace,

    La prairie étale ses fleurs :

    Revenez donc, mes hirondelles,

    Ne me soyez point infidèles,

    Renenez, le bruit de vos ailes

    A l'instant suspendra mes pleurs.

     

    Laissant au rossignol les arbres du bocage,

    Dans mes vases garnis de fleurs et de feuillage,

    Gazouillez du matin au soir.

    Je veux que chacune en dispose,

    Et pour mieux becqueter la rose,

    La giroflée à peine éclose,

    Penchez-vous sur mon arrosoir.

    Reine GARDE


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  • Rencontre avec le Printemps

    Ce matin

    Au détour du chemin

    Je rencontrai le Printemps.

    Vêtu comme un marquis, il avait mis

    Des fleurs à son chapeau

    Des fleurs à son manteau

    Et même sur son dos.

     

    Les unes blanches semées de rouge

    D'autres mauves

    Et d'autres rouges et d'autres bleues.

    Quelle joie c'était pour mes yeux !

    Et je lui dis " Tu es merveilleux "

    Et il me regardait

    Et il riait, et il riait !

    Et ses yeux étaient comme deux fleurs de lumière

    Parmi toutes ces fleurs printanières.

     

    Et il s'en fut sur le chemin

     

    En chantant quelque chansonnette.

    En sautant un peu sur un pied

    Et puis un peu sur l'autre pied,

    Comme font les enfants joyeux

    Quand ils s'entraînent à quelque jeu.

    Et je le vis disparaître au loin,

    Avec des fleurs sur son manteau

    Avec ses fleurs sur son chapeau.

     

    Et il a ainsi parcouru le monde

    Pimpant, joyeux et tout fleuri

    Et le monde entier lui a souri.


    Henriette Ammeux-Roubinet


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  •  

    Le printemps est une époque où il faut, me semble-t-il, boire et manger du paysage.

    C'est la saison des frissons, comme l'automne est la saison des pensées.

    Au printemps la campagne émeut la chair, à l'automne elle pénètre l'esprit.

    Guy de Maupassant


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