• Soirée d'automne

    A l'ombre d'un grand saule à moitié ombragé

    Et sur l'herbe qui, silencieusement

    Se penche avec langueur aux caresses du vent,

    La nature s'endort des rayons enflammés.

     

    Végétal sylvestre de la saulée vermeille,

    Tel un buisson ardent, la flamme du soleil

    Embrase tes rameaux de son songe doré,

    De ses raies de rubis allume la forêt.

     

    L'astre du jour se cache où finit l'horizon,

    Derrière ce rideau d'or, cette rouge toison,

     

    Alors, il fuit.

    Bientôt, la nuit.


    Valère Du Clair Du Val


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  • Vent d'automne

    Passe dans les rameaux desséchés, vent d'automne,

    Dans l'ombre, enivre-toi de leur parfum amer ;

    Berce entre les ifs noirs la lune monotone,

    Fais murmurer dans fin la nuit, comme une mer.

     

    Avive dans le ciel les étoiles tremblantes ;

    Disperse follement la poudre du chemin,

    Fais onduler sur les coteaux les herbes lents

    Comme un grand dos soyeux que caresse la main encore.

     

    Tonne, gémis, décrois, murmure, gronde

    Au loin avec ta voix mystérieuse. Meurs

    Renais, déferle ainsi qu'une vague sonore

    Remplis enfin la nuit d'éternelles rumeurs.

    Fernand Gregh


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  • L'automne

    Quand s'annonce l'automne

    La marmotte marmonne

    Rentre dans sa maison

    Et dit : "C'est la saison

    Où mon lit a du bon

    Dormons."

    Et elle attend le temps

    Du soleil, le printemps

    En dormant.

    Georges Jean

     


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  • L'automne

    Ô Saison bienfaisante, aimable et douce Automne,

    Toi que le Soleil voit d'un regard tempéré ;

    Toi qui par les présents, que ta faveur nous donne,

    Fais arriver un bien, qu'on a tant espéré.

     

    Ce riche amas de fruits, dont ton front se couronne,

    Rend par tous nos Hameaux, ton Autel révéré ;

    L'Abondance te suit ; le Plaisir t'environne ;

    Mais un plaisir tranquille, aussi bien qu'assuré.

     

    Bacchus te suit partout ; et Cérès t'accompagne ;

    Les Coteaux élevés, et la vaste Campagne,

    Leurs raisins et leurs blés, te montrent tour à tour :

     

    Chacun dans l'Univers, a le fruit de ses peines ;

    Moi seul, hélas moi seul, abusé par l'Amour,

    N'ai qu'un espoir trompeur, et des promesses vaines.

    Georges de Scudéry


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  • Paysage d'octobre

    Les nuages sont revenus,

    Et la treille qu'on a saignée

    Tord ses longs bras maigres et nus

    Sur la muraille renfrognée.

    La brume a terni les blancheurs

    Et cassé les fils de la vierge ;

    Et le vol des martins-pêcheurs

    Ne frissonne plus sur la berge.

     

    Les arbres sont rabougris,

    La chaumière ferme sa porte,

    Et le joli papillon gris

    A fait place à la feuille morte.

    Plus de nénuphars sur l'étang ;

    L'herbe languit, l'insecte râle,

    Et l'hirondelle, en sanglotant,

    Disparaît à l'horizon pâle.

    Maurice Rollinat


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