• Un écureuil

    Un écureuil sur la bruyère

    Se lave avec de la lumière

    Une feuille morte descend

    Doucement portée par le vent

    Le vent attend pour la poser

    Légèrement sur la bruyère

    Que l'écureuil soit remonté

    Sur le chêne de la clairière

    Où il aime se balancer

    Comme une feuille de lumière.


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  • Le bel automne est revenu

    À pas menus, menus,

    Le bel automne est revenu

    Dans le brouillard, sans qu'on s'en doute,

    Il est venu par la grand'route

    Habillé d'or et de carmin.

    Et tout le long de son chemin,

    Le vent bondit, les pommes roulent,

    Il pleut des noix, les feuilles croulent.

    Ne l'avez-vous pas reconnu ?

    Le bel automne est revenu.

    Raymond Richard


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  • Automne

    Vois ce fruit, chaque jour plus tiède et plus vermeil,

    Se gonfler doucement aux regards du soleil !

    Sa sève, à chaque instant plus riche et plus féconde,

    L'emplit, on le dirait, de volupté profonde.

     

    Sous les feux d'un soleil invisible et puissant,

    Notre coeur est semblable à ce fruit mûrissant.

    De sucs plus abondants chaque jour il enivre,

    Et, maintenant mûri, il est heureux de vivre.

     

    L'automne vient : le fruit se vide et va tomber,

    Mais sa gaine est vivante et demande à germer.

    L'âge arrive, le coeur se referme en silence,

    Mais, pour l'été promis, il garde sa semence.

    Ondine Valmore


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  • Automne

    L'été se fait tirer l'oreille

    Dans l'antichambre de septembre,

    Et la forêt déjà s'honore,

    D'un long tapis de haute feuille,

    Frangé de pourpre

    Et tissé d'or,

    Pour pas feutrés en corridor.

    Henri Philibert


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  • La pomme

    Bel automne

    À moi tes pommes,

    Qui sont rougeaudes comme joues de jeune vierge !

    J'y veux mordre à pleines dents ;

    J'y veux boire à pleines lèvres :

    Bel automne,

    À moi tes pommes

    Pour le pressoir qui les attend !

    J'en veux faire éclater la fine chair

    Entre les mâchoires de fer ;

    J'en veux tirer la liqueur blonde ;

    À grand effort de vis et de levier,

    J'en veux faire jaillir une source de songe !

    Pour défier

    L'ennui de l'hiver et des mois sombres,

    Rien ne vaut une cave pleine et froment au grenier.

     

    Bel automne

    À moi tes pommes !

    Aux glèbes fraîches,

    Mon blé germe :

    Qu'importe le passé ? J'ai semé l'avenir.

    Les feuilles sèches,

    Au gré du vent peuvent courir

    Dans la brume des soirs ternes ;

     

    Si j'ai du cidre

    En mon cellier,

    Il m'est permis d'oublier

    L'angoisse même de vivre,

    L'angoisse de marcher ployé,

    Et d'être si peu, si peu libre !

    Philéas Lebesque


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