• Douce plage où naquit mon âme...

    Douce plage où naquit mon âme ;

    Et toi, savane en fleurs

    Que l'Océan trempe de pleurs

    Et le soleil de flamme ;

     

    Douce aux ramiers, douce aux amants,

    Toi de qui la ramure

    Nous charmait d'ombre, et de murmure,

    Et de roucoulements ;

     

    Où j'écoute frémir encore

    Un aveu tendre et fier -

    Tandis qu'au loin riait la mer

    Sur le corail sonore.

    Paul-Jean Toulet


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  • Sur la plage

    La plage étincelle, fume

    Et retentit, vaste enclume

    Que les vagues et le vent

    Couvrent de bruit et d'écume.

     

    Je vais, selon ma coutume,

    Le long du galet mouvant,

    Les yeux au large, rêvant

    Quelque rêve décevant

    Salé de fraîche amertume.

     

    Avec leurs doux cris joyeux

    Et leurs mines ingénues,

    De beaux enfants, jambes nues,

    Se mouillent à qui mieux mieux.

    De loin, les suit et les gronde

    Une vieille grand-maman.

     

    Une jeune femme blonde

    Lit toute seule un roman.

    Les légères mousselines

    Des nuages vgabonds

    Se déchirent aux collines.

    Les grandes vagues félines

    Se cabrent, puis font des bonds.

     

    Et je contemple l'abîme ;

    Et je voudrais, âme et corps,

    Me mêler aux longs accords

    Qui roulent de cime en cime.

    Émile Blémont


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  • Si d'autres fleurs décorent la maison

    Si d'autres fleurs décorent la maison

    Et la splendeur du paysage,

    Les étangs purs luisent toujours dans le gazon,

    Avec les grands yeux d'eau de leur mouvant visage.

     

    Dites de quels lointains profonds et inconnus

    Tant de nouveaux oiseaux sont-ils venus,

    Avec du soleil sur leurs ailes ?

     

    Juillet a remplacé Avril dans le jardin

    Et les tons bleus par les grands tons incarnadins,

    L'espace est chaud et le vent frêle ;

    Mille insectes brillent dans l'air, joyeusement,

    Et l'été passe, en sa robe de diamants

    Et d'étincelles.

    Émile Verhaeren


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  • L'école est fermée

    L'école est fermée ;

    Le tableau s'ennuie ;

    Et les araignées

    Dit-on étudient

    La géométrie

    Pour améliorer

    L'étoile des toiles :

    Toiles d'araignées,

    Bien évidemment.

     

    L'école est fermée ;

    Les souris s'instruisent,

    Les papillons lisent

    Les pupitres luisent,

    Ainsi que les bancs.

     

    L'école est fermée ;

    Mais si l'on écoute

    Au fond du silence,

    Les enfants sont là

    Qui parlent tout bas

    Et dans la lumière,

    Des grains de poussière,

    Ils revivent toute

    L'année qui passa,

    Et qui s'en alla...

    Georges Jean


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  • Juillet

    Au jardin, assoiffée, la capucine baille.

    Dans le coeur d'une rose une abeille s'endort.

    À la claire fontaine, un geai s'abreuve encor.

    La glycine est au bleu sur la vieille muraille.

     

    Dans le ciel de juillet il n'est pas un nuage.

    Le bourg fait le gros dos et lézarde au soleil.

    Calme, à peine ridée, l'Indre aux reflets vermeils

    Dans la fraîcheur du lit berce ses fleurs sauvages.

     

    Phébus darde ses feux sur les bois et les champs.

    Les maisons de la rive ont fermé leurs volets.

    L'arbre ne frémit plus, la colombe se tait.

    Ils ne s'animeront qu'à l'heure du couchant.

     

    La plage a déployé ses rouges parasols.

    L'enfant s'est endormi sur son livre d'images,

    Alors que resplendit là-bas, près du rivage,

    L'éclatante blondeur d'un champs de tournesols.

     

    Heureux jours de l'été,

    Sous le ciel de Touraine,

    Jours de beauté sereine

    Et de félicité.

    Renée Jeanne Mignard


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